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Page:Revue des Deux Mondes - 1912 - tome 12.djvu/190

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réserve du lias-Rhin [1] (46 000 hommes) [2], divisée en six corps : ceux de MM. de Lévis, d’Affry, de Montazet, de Saint-Chamans, d’Auvet et de Conflans, bons gentilshommes ayant acquis l’expérience dans les campagnes précédentes : hommes d’action et hommes de métier.

Condé avait son quartier général à Dusseldorf. II devait d’abord défendre les passages du Rhin, assurer par des détachemens les garnisons des places fortes en Westphalie, inquiéter les communications des Hanovriens avec la Hollande et lancer des troupes légères jusque sur le bas Ems, en menaçant les environs de Munster et de Hamm [3].

L’armée ennemie était commandée par les deux Brunswick, l’oncle et le neveu, les meilleurs élèves du grand Frédéric. Le duc était le vainqueur de Crefeld, Minden et Willinghausen. Charles-Ferdinand, surnommé le Prince héréditaire, avait été battu à Clostercamp. Il n’en avait pas moins la méthode du professeur prussien. Il prit l’offensive pour tâcher de recouvrer la Hesse que les Français lui avaient fait perdre. Région à la fois boisée et accidentée, cette province est caractérisée par le massif du Hartz et les monts de Thuringe qui, avec leur prolongement en Bohème, forment l’épine dorsale séparant les plaines de la Westphalie de l’Allemagne centrale. La Werra ou haute Weser, qui naît sur le versant méridional des monts de Thuringe, limite à l’Ouest le Thuringerwald. Là s’étend un riche bassin salifère, autour duquel vont opérer les armées en présence.

Le ministre de la Guerre écrivait le 3 janvier au maréchal de Soubise [4] : « Je suis dans la confiance que vous ferez usage incessamment du corps de troupes du prince de Condé et lui enverrez les ordres relativement au projet que vous avez concerté avec M. le maréchal d’Estrées. » Les deux maréchaux n’hésitèrent pas à appeler à eux comme renfort ce corps déjà éprouvé. Le 22 juin, l’armée française sous leurs ordres était rassemblée auprès de Cassel. Un mémoire émanant du quartier

  1. Condé succédait, dans son commandement, an marquis Charles de Vogué, qui s’était fort distingué dans les campagnes précédentes. (Voyez la notice citée ci-dessus de M. le marquis de Vogué.)
  2. 61 bataillons, 48 escadrons, 100 pièces de canon. Archives de Chantilly, ins. 1050 ; Général Pajol. Guerre de Sept ans, t. V, p. 316.
  3. Dépôt de la Guerre, vol. 3608-137, vol. 3609-58. Condé à Choiseul, 13 mars 1762.
  4. Dépôt de la Guerre, vol. 3610, 33.