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Page:Revue des Deux Mondes - 1912 - tome 12.djvu/167

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Le dernier prince de Condé – Son mariage et ses campagnes à la Guerre de Sept ans (1753-1762)


I

La décadence de la Maison de Condé, au début du XVIIIe siècle, sous les trois premiers descendans du grand Condé, n’avait été qu’une éclipse momentanée. La grandeur de cette illustre race s’était du moins maintenue par son rapprochement du trône, par l’exercice d’un pouvoir qui, pour avoir été en mauvaises mains avec M. le Duc, n’en avait que trop manifesté sa puissance ; enfin par le faste, l’opulence cl le goût des arts qui avaient fait de ce prince un Mécène, en même temps que le plus grand seigneur du royaume.

De son vivant, en 1736, comme je l’ai raconté ailleurs [1], la naissance de son fils unique, Louis-Joseph, avait été saluée par des acclamations de bon augure. Partout on avait formé des souhaits pour l’avenir de ce nouveau-né, un rejeton mâle dans la maison de Condé, un héros futur cette fois… On se plaisait à le proclamer par avance avec espoir de voir se renouer la tradition.

M. le Duc disparu en 1740, le futur Condé de l’émigration (c’est le nom qui lui est resté dans l’Histoire) hérita de lui à

  1. Histoire des Princes de Condé au XVIIIe siècle.