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Page:Revue des Deux Mondes - 1911 - tome 1.djvu/464

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REVUES ETRANGERES.




UNE CORRESPONDANCE
DE GUILLAUME DE HUMBOLDT.




W. von Humboldt’s Briefe an eine Freundin, zum ersten Male nach den Originalen herausgegeben, par Albert Leitzmann, 1 vol. in-18, Leipzig, Insel-Verlag, 1910.


Vers la fin de juillet de l’année 1788, un jeune étudiant de l’université de Gœttingue était venu passer quelques jours aux eaux de Pyrmont, tristement déchues aujourd’hui de leur gloire ancienne Parmi les hôtes de la modeste pension où il s’était logé se trouvaient un pasteur d’une petite ville de la principauté de Lippe-Detmold, M. Hildebrand, et sa fille Charlotte, personne d’une âme infiniment ardente et romanesque sous d’aimables dehors d’ingénuité provinciale. Charlotte Hildebrand s’était fiancée depuis peu, à l’extrême déplaisir de ses parens, avec un obscur avocat de Cassel, qui ne pouvait avoir à ses yeux d’autre mérite que d’être riche et d’habiter une grande ville : mais aussi bien ne se cachait-elle pas de n’avoir jamais éprouvé pour lui l’ombre d’un sentiment affectueux, et peut-être même n’avait-elle consenti à ce projet d’union que pour avoir un motif supplémentaire de maudire, suivant le goût du temps, la « fatale rigueur » de sa destinée ? Le fait est que, sur-le-champ, une très intime et cordiale sympathie s’établit entre elle et son jeune voisin de table de Pyrmont. Pendant trois longues journées, jusqu’au départ de l’étudiant, Charlotte eut la joie de se promener avec lui sous les-vieux arbres du parc et dans les ravissantes vallées d’alentour, l’interrogeant à loisir sur toute sorte de problèmes littéraires ou