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Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 58.djvu/90

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victimes du trafic criminel dépourvues de ressources, à des institutions d’assistance publique ou privée ou à des particuliers offrant les garanties nécessaires. C’est ce petit mot privée qui constitue l’innovation importante à noter, il a immédiatement produit ses fruits. On a compris de part et d’autre le parti qui en pouvait être tiré au grand avantage de la lutte à poursuivre. Isolées, les deux forces parallèles, seules en état d’opposer un frein au mal, étaient inévitablement limitées dans leur action. Réunies, elles se complètent mutuellement, l’association privée tirant de l’aide de l’État les moyens d’investigation et de contrainte dont seul il dispose, l’Etat gagnant, au concours de l’association, l’appoint appréciable des confidences intimes qui n’osent pas s’adresser à lui, et des ressources si abondantes, au point de vue du sauvetage des victimes, de la charité privée. Ce rapprochement a déjà été fécond. Il produira de meilleurs fruits encore dans l’avenir.

L’organisation des associations privées a fait de son côté de grands progrès. Elles se sont constituées en une Fédération, et celle-ci a aussitôt créé ses organes, à savoir : un bureau central international d’information à Londres, un bulletin périodique publié par ce bureau sous le titre : la Traite des Blanches, qui fait connaître le progrès des idées et des faits, et les résultats obtenus dans chaque pays. Des congrès internationaux ont été réunis à Francfort en 1901, à Paris en 1906. Un autre se prépare pour le mois d’octobre prochain à Madrid. Un code télégraphique a été institué pour un échange plus commode et moins coûteux des communications entre sociétés.

Des homes sont partout fondés pour recevoir les jeunes filles sauvées ou en danger. Les grandes associations internationales de l’Ami de la jeune Fille et de l’Union catholique pour la protection de la jeune Fille, le comité allemand contre la traite, en ont publié la longue liste dans de petits tracts répandus partout. L’Œuvre des gares, instituée d’abord en Allemagne, en Angleterre et en France, reçoit chaque jour ailleurs des ramifications nouvelles.

Enfin un système d’informations réciproques, bien propre à déjouer les ruses, a été institué entre les diverses associations. Toute fille ou femme engagée pour l’étranger peut, avant de partir, obtenir des renseignemens pris dans le pays sur la famille ou la maison qui l’appelle.