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Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 58.djvu/612

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L’inspiratrice de la « Symphonie en blanc majeur » - Marie de Nesselrode comtesse Kalergis-Mouchanoff


Quelques publications récentes ont attiré notre attention sur une de ces étrangères éminentes par la naissance, par l’esprit ou par la beauté, qui ont tenu de tout temps large place dans la société française, sur une contemporaine des Swetchine, des Belgiojoso et des Lieven, sur une inspiratrice des poètes romantiques, Mme Kalergis-Mouchanoff [1]. Il est question de son influence politique dans la correspondance amoureuse de Metternich, récemment publiée par M. Hanoteau. Mme Judith Gautier, au cours des spirituels récits qu’elle intitule Le Collier des Jours, a raconté une fort amusante aventure dont Villiers de l’Isle-Adam fut le héros et dont le théâtre fut le salon badois de Mme Mouchanoff. Mme Gautier consacre à ce propos quelques lignes de sympathique souvenir à cette beauté du Nord que son père, le bon Théophile, chanta dans la « Symphonie en blanc majeur, » un des rythmes les plus connus des Emaux et Camées.

Puis encore les Mémoires de Charles Bocher, riches en documens mondains, ont à leur tour évoqué le salon de Mme Kalergis, où il fut aimablement accueilli vers 1850. « Nièce du chancelier russe Nesselrode, dit-il, douée d’un esprit supérieur et d’une imposante beauté, cette femme remarquable s’était donné pour

  1. Mme Kalergis a joué un certain rôle dans la vie sentimentale d’Alfred de Musset.