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Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 58.djvu/464

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Revues étrangères – Un nouveau recueil de lettres de Théodore Fontane


Briefe Theodor Fontanes, zweite Sammlung, 2 vol. in-8°, avec portraits, Berlin, librairie F. Fontane et Cie, 1910.


J’ai eu plusieurs fois l’occasion de signaler ici l’étrange aventure du romancier allemand Théodore Fontane, à qui ses concitoyens berlinois viennent précisément, ces jours passés, d’élever dans leur fameux Tiergarten une statue d’un réalisme familier et naïf, ressemblant un peu à celle que notre propre piété littéraire, presque en même temps, consacrait à la chère mémoire de François Coppée. Ce Théodore Fontane, — que les critiques allemands s’accordent aujourd’hui à mettre au tout premier rang de leurs romanciers nationaux, — était âgé d’environ soixante-cinq ans, lorsque, vers 1885, il résolut de s’essayer dans le genre du roman. Ou plutôt il avait bien commencé, depuis une dizaine d’années, à entremêler de quelques romans historiques la longue série de ces Promenades à travers la Marche de Brandebourg, qui avaient été, jusqu’alors, à la fois l’œuvre dominante et l’occupation favorite de toute sa carrière : utilisant pour ces récits romanesques, où l’invention originale ne tenait d’ailleurs qu’une place très restreinte, les nombreux matériaux de toute espèce qu’il avait rapportés de ses excursions professionnelles d’historien-archéologue et de topographe. Mais tout cela n’avait guère été remarqué, et ceux mêmes qui avaient pris la peine de lire les premiers romans du vieux Fontane y avaient retrouvé surtout le savant et délicieux