Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 58.djvu/342

Cette page n’a pas encore été corrigée


Tibétains avec leur bonne physionomie riante et leurs yeux clairs. Dans des sacoches posées en besace sur le dos de leurs moutons, ils apportent la provision de sel ; puissent-ils avoir apporté aussi leurs turquoises ; elles sont loin d’avoir la pureté de coloris à laquelle nous sommes habitués, mais leurs tons variés mis ensemble sont d’un agréable effet. Tout le monde s’est paré de ses plus beaux costumes. Les plus pauvres Népalais ont fait la toilette du visage, après laquelle ils apparaissent moins teintés. Tous ont refait à neuf les signes rituels. Des grains de riz blancs ou passés au minium ornent les fronts, les couvrant tout entiers ou disposés en arabesques. Comme le Roi à la « Parade, » les hommes portent des colliers de fleurs. Ils affectionnent le pantalon, blanc la plupart du temps, large dans le haut, très collant aux genoux et bridant comme des guêtres sur les pieds. Ils portent en dehors la chemise que les Occidentaux mettent en dedans. C’est là d’ailleurs la plus visible des mille contradictions qui distinguent, dès la Russie, l’Orient et l’Occident. Des épis dorés et je ne sais quelles grappes jaunes d’une fine herbacée sont accrochés derrière l’oreille, à la manière d’un plumet.

Les femmes Gourkhas portent généralement d’immenses pantalons bouffans, mis à la mode pur Jang Bahadour, qui les avait imposés dans son palais. Ils mesurent environ deux mètres de tour de jambe et donnent aux dames l’air d’évoluer sur deux ballons qui rouleraient sous elles. Les femmes Newars mettent en guise de jupe, sous un corsage collant, une pièce d’étoffe abondamment plissée et serrée à la ceinture, tombant par devant et remontant par derrière jusqu’à mi-jambe. Dans la rue, relevant de côté cette masse deux fois plus grosse qu’elles, leurs mouvemens ne manquent pas de grâce et, lorsqu’elles ont à traverser l’eau, elles retroussent allègrement ce volumineux paquet sans en paraître plus embarrassées que de l’enfant ballotté sur leur des ou balancé à leur côté.

Elles disposent avec grâce, pendantes à leurs oreilles ou dressées sur leur tête, quelques pailles dorées, ou bien les enchaînent et s’en font des colliers ; d’autres fois, elles étendent une feuille légère sur leur front, au-dessous d’une touffe de fleurs posée dans les cheveux. La poitrine est chargée d’épais colliers de perles de couleur supportant parfois une ligne de porte-charmes, les uns en or, d’autres en argent, en turquoises ou en cuivre ; des bracelets d’argent ou de verre, de nuances et de