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Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 58.djvu/235

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




La discussion des interpellations qui se sont dressées au seuil de la nouvelle législature a eu une longueur proportionnelle à leur nombre. Quatorze interpellateurs ont éprouvé le besoin d’interroger le gouvernement sur sa politique générale, mais la plupart d’entre eux se sont égarés dans des questions ou dans des détails particuliers. Aussi bien la discussion dure-t-elle encore au moment où nous écrivons et c’est à peine si on commence à en entrevoir la fin comme prochaine. Cependant elle a fait un grand pas puisque M. Briand a parlé. Son discours, qui était attendu avec intérêt et impatience, n’a pas déçu son auditoire. Nous voudrions lui donner ici la place qu’il mérite mais le temps nous manque pour cela ; le discours n’a été prononcé qu’au moment où notre chronique allait être mise sous presse ; les nécessités matérielles de la mise en pages nous obligent à l’écrire plusieurs jours avant qu’elle soit publiée, et ce n’est pas une œuvre facile de rendre compte d’un débat à mesure qu’il se poursuit.

Les premiers orateurs qui ont pris la parole ont été des socialistes : ils ont ouvert le feu comme des troupes d’avant-garde. Pendant ce temps-là, le gros de l’armée radicale se tenait sur la réserve, étudiant le terrain et préparant ses manœuvres. On avait l’impression que les radicaux étaient peu satisfaits du ministère. Au moment où M. Briand l’a formé, ils avaient déjà manifesté un assez vif mécontentement ; ils n’avaient pas confiance ; M. Briand, qui se présentait comme un homme de réalisations, leur apparaissait surtout comme un homme d’évolution, ce qui devait déplaire aux hommes d’immobilisation qu’ils étaient eux-mêmes. Satisfaits du présent, puisqu’ils y détenaient le pouvoir, toute leur politique consistait à y enchaîner l’avenir. C’est pourquoi ils ont envoyé tout de suite deux orateurs à la tribune avec mission de faire subir à M. le président du Consul un interrogatoire très