Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 58.djvu/198

Cette page n’a pas encore été corrigée


en compensation des amendemens minéraux. L’œuvre d’amélioration désirée relève par conséquent, à la fois, du concours étroit de l’ingénieur, de l’agronome et du forestier.

L’idéal existe déjà, ou est presque atteint, précisément où l’eau abonde et où un climat assez humide a permis de supprimer les jachères, de réduire les cultures arables et d’y substituer des prairies temporaires ou permanentes, comme dans presque toute la Savoie, le Graisivaudan, l’Auvergne, les Pyrénées et de notables parties éparses du reste des Alpes, des Corbières et des Cévennes.


VII

On supplie le législateur de voter d’urgence plusieurs lois nouvelles. On demande :

Que l’Etat soit investi du droit de s’emparer de tous les bassins de réception des torrens, en vue de leur boisement ; — que l’administration soit exclusivement chargée de la gestion de tous les pâturages communaux de montagne ; — que les forêts particulières soient soumises à certaines règles d’aménagement dont les agens de l’État contrôleraient l’application ; — que les coupes rases soient interdites complètement et assimilées au défrichement ; — que nos grandes sociétés financières et les Caisses d’épargne soient autorisées à consacrer une partie des capitaux dont elles disposent à l’achat de forêts de rapport et au boisement des landes et autres terrains arides.

Examinons successivement chacun de ces vœux.

Le droit d’imposer obligatoirement le boisement des bassins des torrens, l’Etat le possède déjà présentement, en vertu de la loi du 4 avril 1882. Seulement, les pouvoirs de l’administration sont tempérés par les garanties indispensables au propriétaire. Ses projets sont soumis à une enquête communale, à l’examen du Conseil d’arrondissement, du Conseil général, d’une commission spéciale, enfin ils doivent être sanctionnés par une loi. Mais la constitution du périmètre est subordonnée « au danger né et actuel. » On reproche à la loi cette restriction qui, dit-on, frappe l’Etat d’impuissance, en l’empêchant de donner aux périmètres l’extension désirable. C’est un reproche injustifié. En fait, quand un projet ne porte pas atteinte aux intérêts pastoraux, il franchit sans entraves tous les degrés