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Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 58.djvu/186

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d’ailleurs des surfaces maxima, sont étrangères à la question dite du reboisement ou du regazonnement des montagnes, à laquelle cette étude est presque exclusivement consacrée. Elles n’affaiblissent donc en rien la signification des faits que je puise dans les bassins de la Garonne, de la Loire et du Rhône, nos seuls (louves alimentés par des chaînes à reliefs et à bourrelets énergique-mont redressés.


III

Il faudrait un travail considérable pour arriver à fixer rigoureusement les dommages des inondations générales, mais il est aisé de chiffrer exactement les petites catastrophes locales. Et comme ce qui a le plus contribué à provoquer les inquiétudes du public, ce sont justement les amplifications auxquelles on s’est adonné sur le compte de celles-ci, au premier moment, sous le coup de sympathiques et légitimes émotions, il est nécessaire de réviser ce qui en été rapporté.

Ces catastrophes sont celles de Sainte-Foy, de Meyronnes, de Grésy-sur-Isère, de Bozel, des Fourneaux, dans les Alpes ; d’Ouzous, dans les Pyrénées. Je ne cite pas le désastre de 1892 à Saint-Gervais, parce que, dû à l’évacuation d’une poche d’eau provoquée par la rupture de la paroi frontale d’un glacier, il est étranger au régime ordinaire des eaux.

Disons-le tout de suite, aucun déboisement, ni ancien ni moderne, n’a joué le moindre rôle dans ces cataclysmes. Tous proviennent de trombes subites ou de pluies diluviennes prolongées, tombées sur des pentes en état normal ; à Sainte-Foy, sur un superbe bassin pastoral ; à Meyronnes, sur des rochers ; à Grésy, en pleins taillis ; à Bozel et aux Fourneaux, sur des crêtes imboisables et des gazons splendides, compris entre 2 000 et 3 000 mètres, dominant des forêts du reste parfaitement conservées.

A Sainte-Foy, qui est certainement la localité où eurent lieu les plus mémorables éboulemens, la désagrégation des pentes de la Molluire a ruiné ou déprécié 13 hectares de terrain et enseveli 5 masures, le tout évaluable à 42 000 francs. Quand cela advint, à la fin du printemps de 1877, de grands journaux annoncèrent que la Molluire s’était abaissée de 300 mètres et que ses débris avaient recouvert 900 hectares de champs et de prairies !