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LE ROI ET LA REINE DE NAPLES
(1808-1812)

III[1]

LA CRISE DE 1811. – LA REINE AMBASSADRICE



I

L’été de 1811 marqua la crise des rapports entre le royaume de Murat et l’Empire français. On doit rattacher cette crise aux mille menées occultes qui s’insinuaient alors sous la domination napoléonienne et continûment la minaient. Les armemens de la Russie, la prévision d’une grande guerre au Nord, qui remettrait tout en question et pourrait déterminer un ébranlement général, rendaient espoir aux mécontens d’un bout de l’Europe à l’autre. En 1811, la conspiration précédait partout la coalition ; avant la campagne de Russie, on complotait déjà ce qui éclaterait après l’engloutissement de la Grande Armée. Sur maint pays, l’Angleterre renouvelait ses prises ; ses intrigues redoublaient d’activité ; les fidélités se fatiguaient, les dévouemens fléchissaient, des connivences se ménageaient, les États soumis ou ralliés se laissaient entreprendre, et les peuples conspiraient maintenant avec les rois. Ils se nourrissaient du fol espoir d’obtenir de leurs anciens maîtres, en échange d’un effort contre l’Empire monstre, des libertés et le droit de se

  1. Voyez la Revue des 1er et 15 février.