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Revue dramatique


GYMNASE : La Vierge folle, pièce en quatre actes, de M. Henry Bataille. — RENAISSANCE : Une femme passa, pièce en trois actes, de M. Romain Coolus. — COMEDIE-FRANÇAISE : Boubouroche (reprise), comédie en deux actes, de M. Georges Courteline. — L’Imprévu, pièce en deux actes, de M. Victor Marguerite. — Le peintre exigeant, comédie en un acte, de M. Tristan Bernard — THEATRE-REJANE : La Flamme, pièce en trois actes, de M. Dario Niccodemi. THEATRE SARAH-BERNHARDT : La Beffa, drame en quatre actes en vers, de M. Sem Benelli, transposition en vers français de M. Jean Richepin.


La Vierge folle a obtenu un brillant succès. La presse a été à peu près unanime à déclarer que cette pièce est le chef-d’œuvre de M. Henry Bataille et qu’elle est probablement un chef-d’œuvre. Me voilà en règle avec l’auteur, le directeur du théâtre et mes confrères de la presse, et bien à l’aise pour traiter une question de littérature qui dépasse de beaucoup la fortune particulière d’une pièce plus ou moins bien venue. Caria comédie de mœurs qui est, apparemment, la forme maîtresse de notre théâtre contemporain et qu’après les Dumas fils et les Augier, les Henry Becque et les Paul Hervieu se sont efforcés de maintenir sur un terrain exactement délimité, cette comédie d’observation sociale et morale est en train de dévier. Il n’est que temps de reconnaître et de signaler la fâcheuse erreur de direction qui la mène droit à l’écueil.

L’art, et cela peut se dire aussi bien de tous les arts, a une tendance continuelle à s’écarter du réel et du vrai. Cette réalité qui est celle des mœurs et de l’état social, cette vérité qui est celle des sentimens de notre cœur, lui sont d’insupportables contraintes et dont il médite sans cesse de s’affranchir. Nature, raison, logique, vraisemblance, autant de dures maîtresses qui lui interdisent les plus agréables