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serait rentré dans la ligne que l’armistice avait attribuée aux Hollandais, et il faudrait aussi envoyer un courier à M. de Talleyrand pour qu’il informât le gouvernement anglais et la Conférence de ces dispositions.

Veuilles communiquer mon billet à notre Président à qui je n’écris pas parce que c’est la même chose. Il jugera s’il faut assembler le Conseil pour soumettre ces mesures à leurs délibérations dans le cas où vous les approuveriés tous les deux, ou si vous voulés auparavant en causer avec moi, je ne bouge pas de chez moi et vous m’y trouvères quand vous voudrés.

Le maréchal Soult vient de me prévenir qu’il expédiait dans deux heures un officier en courier à Maubeuge, et je crois qu’en tout cas, il faudrait écrire au maréchal Gérard pour lui expliquer le cas particulier où se trouve Venloo, et la ligne de conduite qu’il doit suivre à cet égard.

Au revoir, mon cher Général, vous avés été admirable avec M. Lehon, j’espère que vous avés écrit par son courier. Insistes bien sur le mystère que Léopold paraît avoir fait de tout cela au général Belliard, sur l’inconvenance, pour ne rien dire de plus, qu’il ne m’en ait pas écrit, sur celle de n’avoir pas répondu à ma lettre, par un mot de remerciement, de reconnaissance pour mon empressement à le secourir et à le reconnaître… Tout cela n’a pas de nom, et il faut le faire sentir, d’autant plus que c’est ce qui maintiendra notre attitude en France, et ce qui assurera notre opinion nationale dans cette importante circonstance. Je l’ai bien fait sentir au maréchal Gérard en lui recommandant pourtant de bien ménager le gouvernement et le Roi des Belges. — L. P.

Il est inconcevable que le Roi des Belges refuse de nommer des commissaires pour l’exécution des dix-huit articles que le Congrès et lui ont accepté. Il faudra pour en finir que nous parlions des grosses dents des deux côtés. Nous ne pouvons, ni ne devons souffrir que cette affaire de la Belgique se prolonge davantage. Il faut en finir à quelque prix que ce soit de part et d’autre. Le Prince d’Orange sera bientôt éconduit, mais alors il faudra que le Roi de Hollande et le Roi des Belges soient contraints de se donner la main, et qu’un traité définitif, garanti par l’Europe, enterre à jamais cette maudite question. C’est à M. de Talleyrand qu’il faut bien mander cela.