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LETTRES DE LOUIS-PHILIPPE ET DE TALLEYRAND.

satisfaisant, mais il me fait une demande spéciale relativement à Londres qui est tout à fait dans mon vœu et dans mon opinion dont il faut que je cause immédiatement avec vous. Il y ajoute des détails qu’il est bon que vous voyiés avant d’achever vos dépêches. Venés donc tout de suite chez moi, et vous y reviendrés ensuite à midi comme nous en sommes convenus hier au soir. — L. P.


À M. Perier, président du Conseil.


Samedi, 3 septembre 1831 à 3 heures du soir.

Je crois, mon cher président, qu’autant pour la vérité que pour l’apparence, et même pour les conséquences que les puissances pourraient en tirer dans leurs exigeances envers nous, il est essentiel de supprimer le premier mot Toute de l’article du général Sébastiani pour le Moniteur de demain, en sorte qu’il commencera par ces mots :

L’armée du Nord qui était entrée en Belgique, etc.

Au lieu de toute l’armée du Nord qui était… etc., car alors nous aurions l’air de tromper, puisqu’un peu plus bas nous établissons nous-mêmes que toute l’armée ne rentre pas, puisqu’il est dit qu’il en reste douze mille hommes et à cette occasion je vous ferai encore observer que dans ma copie le mot onze était substitué à celui de douze que vous ferés bien de faire rétablir si la même erreur était répétée dans la copie envoyée au Moniteur.

Je vous souhaite un bon voyage, et je vous l’envie. — L. P.


Ce mardi matin, 6 septembre 1831 à 8 heures du matin.

Si vous avés des nouvelles de Londres, mon cher Général, envoyés les moi, car ce silence ajouté à la lettre du Roi des Belges qui est du 3, et que je n’ai encore reçue qu’hier à six heures, m’inquiète et me tourmente. Je crains de mauvais patricotages, le discours où on aurait voulu voir d’autres troupes que les nôtres en Belgique, une dépêche du Roi de Hollande qui met Léopold hors des gonds, enfin tout ce que sa lettre me fait craindre, m’a réveillé de bonne heure, et plutôt que je n’aurais voulu vous faire éveiller. Vous devés avoir au moins des lettres de Bruxelles sur tout cela qui me tourmente, et me fait regretter de n’avoir pas écrit hier au soir par estafette au Roi Léopold, mais je ne voulais pas le faire avant de vous avoir entendu et consulté.