Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 56.djvu/308

Cette page n’a pas encore été corrigée
302
REVUE DES DEUX MONDES.

de craindre des hostilités de la part des Hollandais, si les Puissances en conférence ne les prévenaient ou ne les réprimaient pas, et surtout si les bâtimens anglais en commettaient, l’incendie serait bien difficile à éviter. Il faut que M. de Talleyrand tonne sur cela pour y parer, et c’est le cas où ses grands talens et l’avantage de sa position à Londres doivent en préserver la France et l’Europe. Je vous écris à la hâte, mais mettés-le fortement sur ses gardes, car c’est lui qui doit en répondre. — L. P.


Jeudi à 5 heures, 24 mars 1831.

La tête de Belliard est en ébullition, et je m’en tourmente en ce sens que je crains qu’il ne pousse à la guerre par l’éternelle illusion de la croire inévitable. Je ne crois pas que les choses soient comme il les voit. Je désire que M. Perier voye ce qu’il mande plutôt que plutard, et je me hâte de vous renvoyer ces dépêches dans cette intention. Vous aurés les autres ce soir. — L. P.


Samedi soir, 2 avril 1831.

Voilà vos dépêches, mon cher Général, elles ne sont pas suaves. Mais j’espère toujours que les oracles de guerre en auront le démenti, et je vous remercie de vos efforts pour le leur donner. C’est le Luxembourg qui est à présent le véritable volcan. Si nous l’éteignons, tout est sauvé. — L. P.


Samedi soir, 2 avril 1831.

Là où il y a un pouvoir exécutif constitué à côté d’un pouvoir législatif, il serait hors des formes, hors des devoirs et des principes et des règles diplomatiques de s’adresser au pouvoir législatif, mais s’il y a à Bruxelles un Régent, ce Régent a des ministres et vous pouvés toujours vous adresser à eux sans blesser aucune bienséance et en toute régularité. D’ailleurs, on vous objectera que vous avés bien trouvé moyen de notifier votre non adhésion aux Protocoles des dettes, etc., et que par conséquent vous ne devés pas être plus embarrassé pour notifier votre adhésion à celui de la délimitation. Ainsi, je me bornerais à dire que vous n’avés pas compris pourquoi on vous demandait cette démarche, puisque vous aviés si hautement et si formellement déclaré tant à Londres qu’à Bruxelles quelles étaient les inten-