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Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 56.djvu/210

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REVUE DES DEUX MONDES.

la ligne de Pékin-Hankéou, et qu’on a mis à l’étude le double prolongement de la ligne Pékin-Kalgan, l’un de ces prolonge-mens devant se diriger, à travers l’Asie Centrale, vers le Turkestan chinois, l’autre à travers la Mongolie vers la frontière sibérienne. Au début, le gouvernement chinois partageait la même aversion que les populations pour les capitaux étrangers : depuis, pressé d’aller vite, il paraît avoir modifié sa manière de voir et en serait venu à penser qu’il serait plus profitable de s’associer à l’Europe et de tirer de cette collaboration tout le bénéfice qu’elle peut procurer. Dans ses derniers édits, il a laissé entendre que, s’il n’arrivait pas à trouver dans le pays les sommes nécessaires à ses projets, il les chercherait ailleurs, et c’est ainsi qu’il a autorisé un emprunt de cent vingt millions, souscrit par un syndicat franco-anglais, et dont le produit a été principalement destiné au rachat de la concession Hankéou-Pékin. De même la ligne Tien-tsin-Pokou a été concédée à un syndicat étranger. Les deux dernières manifestations de cette politique sont l’affaire de la grande ligne Hankéou-Canton et celle du réseau du Sé-tchuen. Au commencement de 1909, un groupe financier anglo-franco-allemand ayant offert de fournir les sommes nécessaires pour le rachat et la construction d’une partie de la ligne Hankéou-Canton, moyennant certaines conditions destinées à garantir les capitaux européens contre une mauvaise administration possible des Chinois, ces offres ont été acceptées par Tchang-Tse-Tong, au nom du gouvernement chinois. L’Allemagne a obtenu en outre la direction de la construction du réseau beaucoup plus étendu encore de Hankéou au Sé-tchuen, sous la réserve que les capitaux seraient également fournis par la France, l’Angleterre et l’Allemagne. Plus tard, les Américains, ayant protesté contre cette dernière combinaison qui les tenait à l’écart, ont été admis, eux aussi, au bénéfice de l’opération par l’arrangement du 17 août 1909 qui leur a accordé une part égale à celle des autres groupes, c’est-à-dire le quart de l’emprunt projeté pour la ligne Hankéou-Sé-tchuen, avec la faculté de fournir une partie des ingénieurs et du matériel.

À côté des Sociétés formées pour la création de nouvelles lignes de chemins de fer, des associations se donnaient pour but la suppression de l’usage de l’opium qui s’était généralisé à toutes les classes de la population et était devenu une calamité pour