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Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 56.djvu/186

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La
transformation de la Chine


I

LES ORIGINES DU MOUVEMENT RÉFORMISTE LES ÉDITS IMPÉRIAUX ET LEURS RÉSULTATS



Depuis la fin de l’insurrection des Boxeurs et surtout depuis la guerre russo-japonaise, la Chine, qui s’était bornée jusqu’alors à emprunter à l’Europe surtout son armement perfectionné, est entrée résolument dans une voie de réformes qui, si elles étaient définitivement couronnées de succès, aboutiraient à métamorphoser cet Empire en une puissance moderne. Un mouvement réformiste est né, et un plan de réformes d’ensemble a été adopté visant à la fois la réorganisation de l’armée, de l’enseignement, de la justice, l’octroi d’une Constitution, l’extension des voies ferrées, la réglementation de l’usage de l’opium. Sur la signification et la portée de ce mouvement les avis en Europe sont fort divers, et tout aussi contradictoires sont les opinions omises sur l’application des édits impériaux relatifs aux réformes et sur l’esprit qui les a dictés. C’est qu’il est malaisé à un Européen, en raison de l’antinomie existant entre les deux races, de connaître les Chinois, le fond de leur pensée, la genèse de leurs passions les motifs réels de leur conduite, leurs intérêts tels qu’ils les entendent. Les déductions que l’on peut tirer des événemens sont, par-là même, rendues très hasardeuses. Nous pouvons seulement d’une manière certaine