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la science de la guerre, et en écrivant des ouvrages militaires. Ils contribuèrent à plus d’une amélioration dans l’organisation et la tactique de l’armée impériale.

Ce fut à ce moment qu’éclata le conflit au sujet du trône de Pologne. La plume fut remplacée par l’épée, et Khevenhüller, qui avait été promu au grade de lieutenant général le 44 novembre 1733, se mit à la tête de son régiment pour défendre la Maison de Habsbourg, menacée à la fois par la France, l’Espagne et la Sardaigne. Il prit part à la malheureuse campagne d’Italie, se distingua aux batailles sanglantes de Parme et de Guastalla, et défendit, — après la retraite des armées impériales à la frontière du Tyrol, — les défilés des montagnes contre des forces trois fois supérieures, en paralysant tous les efforts des Espagnols et des Français pour pénétrer dans le pays. Le commandement intérimaire lui fut confié à deux reprises dans ces heures de danger. L’ennemi apprit à la fois à le craindre et à l’estimer.

Les lames, — qu’on avait croisées à cause du conflit pour le trône de Pologne, — étaient à peine remises au fourreau, qu’on vit l’empereur entraîné dans une nouvelle guerre contre le Sultan à cause de son alliance avec la Russie. Cette campagne finit pour Charles VI très malheureusement : il dut restituer à la Porte tout ce que le traité de paix de Passarowitz lui avait donné, à l’exception de Temesvar. Si cet échec fit beaucoup de tort à la réputation de plus d’un général impérial, Khevenhüller, promu maréchal de camp le 31 mai 1737, fut, au contraire, parmi ceux qui méritèrent des louanges pour avoir repoussé toutes les attaques d’un ennemi supérieur en nombre pendant la retraite des Impériaux, et s’être frayé la route pour rejoindre le gros de l’armée dans le combat meurtrier de Radojevac.

La récompense ne se fit pas longtemps attendre : l’Empereur nomma Khevenhüller gouverneur militaire de Vienne. Ce poste, déjà très honorable en temps ordinaire, devenait tout à fait important quand, après la mort de Charles VI, on vit se lever contre Marie-Thérèse, l’héritière légitime du trône des Habsbourg, une série d’ennemis, et qu’on pût craindre que Vienne ne fût exposée aux horreurs d’un siège par l’attaque des Français et des Bavarois réunis. Khevenhüller organisa la défense, qui fut suspendue au bout d’un certain temps, lorsque Charles-Albert se dirigea vers la Bohême et qu’il ne resta plus dans la