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Page:Revue des Deux Mondes - 1907 - tome 38.djvu/386

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Madagascar


II. L’AME MALGACHE : LA FAMILLE, LES FÊTES ET LES MŒURS [1]


Les diverses races qui occupent aujourd’hui Madagascar, fixées dans des régions dissemblables, possèdent des individualités particularisées [2] ; elles se distinguent les unes des autres par le type, le caractère et des coutumes locales. Mais les nombreuses immigrations jaunes ou noires dont elles proviennent et qui se sont prolongées dans l’île elle-même par des exodes en tous sens, des incursions, des guerres et des conquêtes, les ont fait se pénétrer les unes les autres ; et, habitant toutes ensemble une terre isolée par de vastes mers ou des courans contraires, une grande île qui se partage entre des climats gradués, mais à qui l’ossature montagneuse et le régime des vents assurent une unité assez compacte, elles devaient fatalement acquérir après quelques siècles sous ce ciel indo-africain une âme commune, dont on a souvent parlé sous le nom d’âme malgache. Et il est indiscutable que les Hovas eux-mêmes, qui tranchent le

  1. Voyez la Revue du 1er janvier 1907.
  2. Dans le précédent article : les Régions et les Races, nous n’avons étudié, pour mieux les caractériser, que les races qui se sont plus particulièrement différenciées en s’adaptant aux diverses grandes régions naturelles de l’île malgache : le littoral, la forêt, les hauts plateaux. Ce n’était point oublier qu’il existe d’autres races importantes : les Betsiléos qui partagent avec les Hovas le plateau central, les Sakalaves qui, sur la côte Ouest, s’opposent aux Betsimisarakas de l’Est, les Sibanakas du Nord, les Baras, les Mahafalys du Sud.