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avec esprit de suite et avec un sens raisonné des besoins commerciaux et industriels de leur pays. Hélas ! si c’est un Français qui a écrit le Discours sur la Méthode, ce sont les Anglais et les Allemands qui l’ont mis en action.

De plus, est-ce sainement comprendre la question sociale, dont le Parlement est si justement préoccupé, que de négliger les véritables sources du travail national et de la richesse publique ? La marine de commerce n’en est-elle pas une des principales ?

Le ministre actuel des Travaux publics, M. Barthou, qui a joué un rôle si efficace lors de la discussion devant le Sénat de la loi autorisant les travaux actuels du port du Havre, estime, dans un document officiel de date toute récente, que l’exploitation d’un paquebot de grandes dimensions n’y serait possible que moyennant certaines sujétions sérieuses et il ajoute : « Je ne puis dissimuler combien cette situation me paraît regrettable à tous égards. Il n’est vraiment pas admissible que le principal port d’attache des lignes transatlantiques françaises présente un ensemble de conditions nautiques telles que, s’il suffit bien juste à l’exploitation actuelle de la ligne du Havre à New-York, il ne laisse aucune latitude à la transformation incessante du matériel naval dont les progrès redoutables de la concurrence internationale font en quelque sorte une loi pour nos entreprises françaises. »

Nous espérons que M. Barthou voudra bien se préoccuper à nouveau de la notoire insuffisance de nos ports de commerce et prendre cette question en main, afin d’amener les Chambres à lui donner une solution prompte et pratique. Il accomplirait ainsi une œuvre nationale et rendrait de nouveaux et éminens services à la marine marchande française.


J. CHARLES-ROUX.