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Page:Revue des Deux Mondes - 1907 - tome 38.djvu/347

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considérables sont parallèlement effectués à Port-Saïd pour agrandir et améliorer le port… Quel exemple à suivre !

Il est donc grand temps de jeter un cri d’alarme, car la grande navigation, sous pavillon national, se trouve plus que menacée, et il est de toute urgence de rechercher des remèdes, non seulement pour lui permettre de vivre, mais encore de se développer. Le premier et le plus efficace consiste à mettre à sa disposition des ports, bien aménagés, dans lesquels les paquebots de très grandes dimensions, capables de lutter utilement contre les paquebots étrangers, puissent entrer et évoluer à toute heure. Il faut, en outre, que ces navires aient à leur disposition des formes de radoub pour leurs réparations.

Le 5 juillet 1905, dans le rapport présenté au nom de la Commission du budget, chargée d’examiner le projet de loi sur la marine marchande, M. Pierre Baudin, député, s’exprimait ainsi : « L’estuaire de la Seine, dont l’importance est pourtant de premier ordre, a été doté de travaux insuffisans. Le Havre en est réduit à se féliciter des travaux de réfection de son entrée, qu’on y termine en ce moment, et qui ne résolvent point cependant, d’une manière définitive, la question de l’agrandissement de ses bassins et de ses cales sèches, conditions sine qua non pour que la Compagnie générale transatlantique puisse affecter à son service de New-York des paquebots comparables aux courriers anglais, allemands ou hollandais. Bref, le Havre retarde de cinquante ans. Ses bassins affectés aux transatlantiques sont beaucoup trop courts eu égard à la longueur des paquebots actuels On y creuse nu avant-port, où pourront évoluer à l’aise les paquebots de 225 mètres ; mais, naturellement, c’est à l’avantage des compagnies étrangères dont les liners touchent au Havre, sans entrer dans les bassins. Tant pis pour les navires français, dont le Havre est le port d’attache, et pour lesquels s’impose l’usage du bassin ! »

La situation ne saurait être exposée plus clairement.

Une autre question à résoudre est la façon dont les travaux devraient être conduits. Le procédé actuel en pareille matière est déplorable ; l’expérience de tous les travaux effectués dans nos grands ports l’a déjà prouvé et ce qui se passe au Havre confirme cette opinion.

Il faut obtenir qu’un nouveau système plus pratique et plus prompt soit adopté. L’Etat ne devrait pas lui-même effectuer de