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Page:Revue des Deux Mondes - 1907 - tome 38.djvu/345

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auxquelles la Chambre de commerce a, d’ailleurs, participé pour moitié.

Nous sommes ainsi amenés à faire ressortir que, si le programme de 1895 a apporté à la partie extérieure du port du Havre certaines améliorations, ce sont les navires d’escales qui en profiteront principalement.

Depuis 1859, il n’a été effectué aucune amélioration dans l’intérieur du port pour les paquebots y ayant leur point d’attache. En effet, c’est de 1850 à 1809 qu’a été construit le grand quai du bassin de l’Eure, auquel s’amarrent aujourd’hui les paquebots de la Compagnie générale transatlantique.

Pour résumer les observations qui précèdent, on peut dire que :

1° Il a fallu dix-neuf ans pour étudier des projets, faire des démarches, entamer des négociations avec le gouvernement, et, enfin, obtenir des Chambres le vote d’une loi, qui réduisait le programme des travaux dans des proportions telles que, du projet primitif, répondant aux besoins de la grande navigation, il n’est resté qu’un plan tout à fait déformé et ne comprenant que des améliorations réduites et insuffisantes.

2° Les travaux, actuellement en cours, qui devaient durer sept ans et être terminés en 1902, sont encore loin de l’être ; ils nécessiteront près du double du temps prévu, et la dépense, qui devait être de 24 millions, s’élèvera à plus de 43.

3° Ces travaux, une fois achevés, présenteront certainement quelques avantages pour les paquebots français, qui auront à pénétrer dans les bassins, puisque le chenal aura été approfondi et que le nouveau sas permettra l’entrée dans le bassin de l’Eure pendant un temps plus long à chaque marée ; mais le passage de ce sas de 300 mètres de longueur sur 30 mètres de largeur présentera de sérieuses difficultés et de réels dangers pour les grands paquebots de 23 à 24 mètres de largeur, qui, obligés de marcher à petite vitesse, auront beaucoup de peine, les jours de grand vent et de tempête, à se maintenir juste dans l’axe et à ne pas heurter les parois en pierres de taille. De plus, il est certain que la majeure partie des dépenses, ayant porté sur la construction du quai de marée et ses annexes, profitera aux navires étrangers qui viendront faire escale au Havre, et qui pourront ainsi causer un préjudice considérable aux lignes nationales. Circonstance aggravante : ce sont ces dernières qui payent