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Revue musicale – Trois opéras d’Extrême-Orient


THEATRE DE L’OPERA-COMIQUE : Madame Butterfly (d’après John L. Long et David Belasco), drame lyrique en trois actes, de MM. L. Illica et G. Giacosa ; traduction française de M. Paul Ferrier, musique de M. Giacomo Puccini. — Souvenirs de Madame Chrysanthème, comédie lyrique en quatre actes et six tableaux, d’après Pierre Loti ; poème de G. Hartmann et André Alexandre, musique de M. André Messager. — THEATRE DE L’OPERA : Reprise de Thamara, opéra en quatre tableaux ; poème de Louis Gallet, musique de M. L. A. Bourgault-Ducoudray.


Prompte comme l’insecte dont elle porte le nom, sans en avoir l’éclat, Madame Butterfly n’a guère fait que passer. Peut-être en a-t-on déjà perdu le souvenir, et la perte serait légère. Mais il sied, en quelques mots, de le rappeler. Aussi bien, quant au livret du moins, l’œuvre elle-même n’est qu’un souvenir, une imitation, — pour ne rien dire de plus, — de notre Madame Chrysanthème, à laquelle, et plus volontiers, nous reviendrons tout à l’heure.

Dans la version deux fois étrangère du célèbre roman de Loti, les « traducteurs » ont changé d’abord la nationalité du héros, qui passe dans la marine des États-Unis ; et puis, et surtout le caractère même de l’histoire, laquelle a tourné de l’idylle ou de l’élégie au mélodrame. L’abandon de Mme Chrysanthème, au dénouement, n’était que mélancolique : elle n’en mourait pas, et son ami du moins s’éloignait pour toujours. L’infidèle Yankee a le tort de revenir, et je ne sais pas de plus fâcheux, de plus odieux retour. Il revient marié, le Pinkerton, et