Page:Revue des Deux Mondes - 1907 - tome 37.djvu/894

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

depuis son établissement. Il a constaté qu’il y avait eu un léger mouvement d’abaissement vers Chamonix ; mais, d’après l’un des entrepreneurs de la construction, ce mouvement aurait eu lieu de 1893 à 1894, et se serait arrêté depuis. On ne parait pas avoir remarqué, dans la suite, de tassemens très sensibles ; on avait, du reste, les moyens d’y porter remède et de redresser la construction. Les craintes et les doutes manifestés par les alpinistes à cet égard n’étaient donc guère fondés. Le dernier rapport de l’architecte Baudouin, qui a visité l’observatoire le 9 juillet 1906, constate qu’il est enneigé du côté du Sud, mais en bon état ; le nivellement de la plate-forme a montré que, depuis 1904, il y a eu des variations de quelques centimètres, qui n’ont amené aucun désordre dans la construction, si bien que le plancher de la salle d’observation, redressé en 1904, est toujours parfaitement plan. Il est donc permis de croire que la question des constructions sur la neige des hautes cimes est en bonne voie de solution.


III

Depuis sa dernière ascension, chaque année M. Janssen retourne à Chamonix pour diriger les travaux que de jeunes savans viennent exécuter à la station des Grands-Mulets et au sommet du Mont-Blanc. Aujourd’hui que l’observatoire est devenu confortable, on peut y faire des séjours prolongés, de huit et même de quinze jours. Les sujets de recherches ne manquent pas : l’étude des planètes Vénus et Mercure, celle du spectre solaire et des spectres stellaires, ou encore celle des radiations calorifiques et chimiques des corps célestes, peuvent tenter les astronomes ; mais la météorologie et la physiologie offrent également des problèmes curieux que l’on peut chercher à résoudre par l’emploi des hautes stations. M. Janssen a souvent communiqué à l’Académie des sciences des notes résumant les résultats obtenus dans ces conditions.

Citons, en premier lieu, les recherches sur la radiation calorifique du soleil, auxquelles a donné lieu l’établissement de l’observatoire astronomique du Mont-Blanc. On sait que le but principal de ces recherches, qui s’exécutent à l’aide d’instrumens qu’on appelle actinomètres ou actinographes, est toujours la détermination de la constante solaire (c’est le nombre qui exprime,