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Page:Revue des Deux Mondes - 1906 - tome 33.djvu/878

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que cette histoire a trouvé ses plus pieux serviteurs. Le gouvernement fédéral du Canada, voulant posséder chez lui les titres de son passé, fait laborieusement copier en Europe tous les manuscrits qui l’intéressent : il fut un temps où nos Archives des Colonies, logées dans les combles du Ministère de la Marine, avaient pour cliens assidus, souvent solitaires, des employés du gouvernement canadien ; et l’inventaire sommaire de leurs trouvailles, qui était annuellement publié là-bas, était le seul répertoire qui facilitât tant soit peu les recherches à travers ces mines de documens, si riches et si peu connues en France même. Cette œuvre de patience et de persévérance, aujourd’hui presque achevée, fut dirigée par le regretté Douglas Brymner, archiviste fédéral, dont le nom mérite de survivre à côté de ceux des historiens dont il fut ainsi un collaborateur essentiel.

Récemment, MM. A. Doughty et G. W. Parmelee ont publié, aux frais du gouvernement canadien, un intéressant ouvrage intitulé : le Siège de Québec et la bataille des plaines d’Abraham, qui ne compte pas moins de six forts volumes, luxueusement édités avec plans, portraits et gravures [1]. Des discussions s’étaient élevées en Canada, pendant l’année 1898, sur la détermination de l’emplacement précis où le général Wolfe était mort, le 13 septembre 1759, dans sa victoire des plaines d’Abraham ; diverses personnes eurent l’idée de rassembler de tous côtés les pièces de ce procès ; il se trouva que la plupart, et non les moins importantes, n’avaient jamais été publiées, voire que l’existence en était ignorée ; de là est né le livre de MM. Doughty et Parmelee ; destiné d’abord à n’éclairer que la question du champ de bataille, il a été ensuite, par le progrès même des fouilles, amené à traiter plus généralement du siège de Québec en 1759, ainsi que de la vie de Wolfe et de son vaillant adversaire français, Montcalm. Encore devons-nous remarquer qu’une partie seulement des documens retrouvés a été ainsi mise au jour, et qu’on nous promet de nouvelles séries.

Il ne faut pas s’attendre à trouver là une thèse méthodiquement composée ; même les trois premiers volumes, qui sont divisés en chapitres, ne dominent pas d’assez haut le sujet ; de longues pages donnent simplement, d’après les lettres et relations produites dans les trois derniers volumes, un journal du siège de Québec ; c’est en somme un répertoire plutôt qu’un travail

  1. Québec, Dussault et Proulx, 1901.