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Page:Revue des Deux Mondes - 1906 - tome 33.djvu/569

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entreprendre et à poursuivre. De même encore le champ ou le jardin, comme le troupeau et la bête attelée sont en étroite corrélation avec les conditions générales de latitude, d’altitude, d’orientation, de chaleur et d’humidité. La carrière ou la mine sont par excellence des faits localisés en rapport avec la structure même du sol. Tous les faits de chasse, de pêche et de dévastation végétale dépendent enfin avec rigueur des conditions géographiques naturelles. Il est superflu d’insister sur d’aussi évidentes connexions ; les établir dans chaque cas particulier et les préciser sera souvent délicat ; mais qu’il nous suffise ici de les avoir indiquées.

En examinant de près tous ces faits sur divers points du globe, on remarque bien vite qu’ils sont par exception réduits à une expression très simple, et, pour ainsi parler, à une forme nue ; en général, ils sont entourés ou complétés par une autre catégorie de faits, également visibles et tangibles, qui en constituent comme le cortège indispensable, et qui, même dès les manifestations les plus élémentaires, en sont, si l’on peut joindre ces deux mots, les accessoires obligés.

La maison ou la caverne habitée ne vont pas sans quelque ameublement et sans quelques ustensiles ; la route comporte certes des « accessoires, » qui sont les moyens de transport, traîneau qui glisse ou char qui roule ; le jardin ou le champ sont cultivés par l’homme à l’aide d’instrumens, hoyaux, bêches ou charrues ; l’animal est discipliné et conduit à l’aide d’une corde ou d’une lanière de cuir, sans parler du harnachement complet qui marque un stade de culture plus avancé ; le chercheur d’or ou le carrier ont des instrumens, et l’homme qui chasse ou qui pêche a des armes ou des filets.

Ces instrumens divers, arcs et flèches, pic du carrier, harnais de l’anima ! , instrumens agricoles, char de la route ou barque du canal, matériel culinaire ou meubles de la maison, nous paraissent envelopper et « vêtir » les faits matériels que nous avons décrits, de la même manière que les vêtemens accompagnent et couvrent la réalité vivante des corps humains ; et de tous ces « instrumens » divers, nous dirons volontiers ce que nous avons dit plus haut des vêtemens : ils échappent à la double servitude du renouvellement incessant et quotidien et de l’implantation immuable en un point précis ; ils sont tous des « meubles. » Véritable