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Page:Revue des Deux Mondes - 1906 - tome 33.djvu/568

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et si l’appareil photographique ne pouvait toujours suffire, comme pour tous les autres, à saisir et à figurer ces actes d’une fois et d’un moment, on imagine du moins sans peine que le cinématographe les pourrait enregistrer. Il n’en est pas moins vrai qu’ils sont loin d’avoir au point de vue de la géographie humaine la valeur et l’importance des autres faits, plus durables et révélés par des signes plus permanens. — Cet exemple significatif nous montre d’ailleurs en quoi, pourquoi et comment une véritable classification géographique se distingue d’une classification psychologique ou sociologique, qui tend précisément à mettre au premier plan et à étudier d’abord ces modes d’activité, considérés à tort ou à raison comme plus simples et jugés plus élémentaires, à savoir : la cueillette, la chasse et la pêche.

Voilà donc, ramenées à six faits typiques, toutes les manifestations essentielles de la vie des hommes. Par là doit commencer toute recherche de géographie humaine soit générale, soit régionale. Analyse succincte qui servira de fil conducteur presque infaillible. Les faits les plus complexes doivent ainsi se décomposer ; car ils se traduisent toujours par un ou plusieurs de ces élémens. — La mer étudiée dans son influence sur l’homme et dans ses rapports avec l’humanité, est à la fois route et domaine de pêche ; et de ces connexions résultent des installations humaines, toutes proches du terminus de la route, qui est la crique ou le port, et du marché au poisson, qui est souvent déjà le village ou la ville. — Les études sur la densité de la population, et toute la partie de la statistique démographique qui est en vérité du ressort de la géographie, reposent sur la répartition des habitans dans la mesure exacte où le sol terrestre en porte l’empreinte sous la forme d’habitations et d’établissemens humains.

Et qui ne voit aussi par quelle liaison toute claire et naturelle la géographie humaine, ainsi comprise, se rattache à la géographie physique ? La maison, la maison rurale, la maison courante du paysan ou du citadin, par son emplacement, ou par son orientation, ou par sa forme, ou par ses murs, ou par ses fondations, ou par son toit, dépend plus ou moins du sol, des formes topographiques, de la présence de l’eau, du climat ; de même la route de terre ou d’eau a dû se plier à de nombreuses exigences de la réalité physique : et tels seront les objets précis des études à