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Page:Revue des Deux Mondes - 1905 - tome 26.djvu/860

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d’antiques traditions, auxquelles, en dehors du temple, on s’était fait un point d’honneur de demeurer imperturbablement fidèle. Sans supprimer complètement la difficulté de leur lâche, il y avait là quelque chose qui l’atténuait.

Notons encore qu’on commençait, dans quelques parties du monde religieux, à se rendre mieux compte des mobiles qui déterminaient les Ritualistes. On comprenait que, si certains d’entre eux obéissaient à une préoccupation un peu frivole d’esthétisme liturgique et d’archéologie médiévale, d’autres ne s’attachaient au cérémonial que parce qu’ils y voyaient une expression naturelle et nécessaire de la doctrine, une façon de professer leur foi et de l’imprimer dans l’esprit et l’imagination d’un public toujours sensible aux formes extérieures. Comme le disait l’un d’eux, c’était une manière de rendre « les vérités visibles et le catholicisme intelligible aux masses [1]. » « Je suis assuré, disait le vicar de S. Georges in the East, que, sans l’aide de tous les accessoires extérieurs du rituel, nous ne réussirons jamais à enseigner à notre troupeau, spécialement à la partie la plus pauvre de ce troupeau, ce qu’est au fond la doctrine de la Sainte Eucharistie, et la place que tient ce sacrement dans l’économie de la grâce chrétienne, comme le seul acte de culte et de sacrifice offert par l’Église au Dieu tout-puissant [2]. » Ces Ritualistes rappelaient avec insistance la raison d’être et le sens du cérémonial. Ils recommandaient aux fidèles de ne jamais perdre de vue la réalité que ces formes recouvraient ; ils les mettaient en garde contre « l’erreur qui consisterait à prendre l’ombre pour la substance, le signe pour la chose signifiée, et à s’en tenir aux symboles extérieurs [3]. » Mackonochie lui-même déclarait que « la pure question de rituel tenait très peu de place dans ses pensées. » « Nous attachons, ajoutait-il, de l’importance à ces cérémonies, non pour elles-mêmes, mais à cause du service spécial où elles sont en usage ; cela doit signifier quelque chose ; cela signifie quelque chose [4]. »

Un fait surtout frappait les observateurs de bonne foi et les inclinait à un jugement favorable : c’est que l’introduction,

  1. Life of Pusey, t. IV, p. 272.
  2. History of the Romeward Movement, p. 406.
  3. Lettre du Rev. Chambers (Memories of a Sister of S. Saviour’s Priory, p. 166-167).
  4. A. H. Mackonochie, — A Memoir, p. 101.