Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1905 - tome 26.djvu/808

Cette page n’a pas encore été corrigée


quatre lieues à pied. Un omnibus part à sept heures du matin de Jouy-en-Josas, à deux lieues d’ici, un autre de Palaiseau à dix heures, et ne va qu’à Bièvres.


A M. Denuelle.

Orsay, 3 avril 1871, matin.

Vous devez avoir des nouvelles avant moi. Cependant voici ce que je sais. Hier, de dix heures à midi, nous entendions les coups de canon et la fusillade. A six heures, à l’arrivée du train de Paris, j’ai eu des renseignemens par deux personnes, l’une venant de Paris, l’autre de Versailles. Engagement non prévu, insurgés mis en fuite par les feux du Mont-Valérien, bataillons de la Commune vus entrant en désordre dans les Champs-Elysées. Ils ont mis dix mitrailleuses à Courbevoie, dans l’attente d’une attaque pour aujourd’hui. Le médecin du régiment de gendarmerie a été pris par eux ; plusieurs marins blessés étaient ramenés à Versailles dans des voitures. On a fait un assez grand nombre de prisonniers. D’après cela, il semble que le dénouement va se hâter. Les trains du Nord et de l’Est ont recommencé à circuler. Ceux d’Orsay ont circulé hier tout au soir.

Je vais ce matin faire ma leçon à Paris ; c’est une question d’honneur ; sauf empêchement physique, il faut être à son poste.

J’irai demain m’installer à Châtenay. Il est bon que la maison soit occupée maintenant. Si l’Assemblée a le dessous, ou si la solution tarde, il paraît certain que les Prussiens reprendront leurs anciennes positions. Or, ils ne respectent que ce qui est habité par les propriétaires.

D’ailleurs, ayant des livres, je pourrai travailler.


A Madame H. Taine.

Orsay, lundi 3, 8 heures du soir.

Me voici de retour à Orsay, après avoir fait ma leçon à Paris ; M. Flury-Hérard revient de Versailles ; j’ai vu diverses personnes, voici le résumé de la journée d’aujourd’hui et de celle d’hier.

Un fort coup de lancette vient d’être donné dans l’abcès. Il n’y a pas eu de défection à Versailles ; à quatre heures