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Page:Revue des Deux Mondes - 1905 - tome 26.djvu/734

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nous sommes trouvés une dizaine de gardes. Points d’officiers. Après une heure d’attente, j’ai été chez M. de Narcillac avec une personne de la compagnie. Déjà le lieutenant que j’avais été réveiller m’avait assuré que l’on n’avait point battu pour notre bataillon. M. de Narcillac me l’a de même affirmé. Un officier, qu’il avait envoyé à la place, lui a de nouveau répété qu’on lui avait positivement dit que le 15e bataillon n’était pas commandé et qu’on le laissait reposer. J’ai appris par M. de Narcillac qu’il ne faisait que de rentrer de l’Hôtel de Ville. C’étaient ses hommes qui, avec le 17e et le 106e, avaient pénétré des premiers dans la cour de l’hôtel et arrêté Blanqui et Tibaldi ; mais tous deux lui avaient échappé à la suite d’une bagarre occasionnée par la décharge d’un revolver. Le 15e bataillon avait ensuite reçu, vers les neuf heures, l’ordre de se retirer. M. de Narcillac croyait donc que tout était fini, et, tout au plus, demandait-on de nouveaux bataillons pour garder la place de l’Hôtel de Ville et s’opposer à un retour des insurgés ; je l’ai cru comme lui. Cependant un vague instinct m’avertissait qu’il eût mieux valu s’en assurer sur place. J’ai demandé si quelque garde national de la compagnie voulait venir avec moi : personne ne s’en souciait ; et comme, avec ma difficulté d’entendre et de répondre au « Qui-vive ! » il eût été trop hasardeux de me rendre, seul et armé, de la place Bourbon à la place de l’Hôtel de Ville, je suis rentré me coucher.

J’ai appris vers neuf heures et demie par les journaux, en me rendant au poste des Affaires étrangères, où j’étais de garde, que les membres du gouvernement de la Défense nationale n’ont été définitivement délivrés qu’à trois heures du matin.

J’entends les hommes de ma compagnie se plaindre qu’on n’eût pas arrêté Flourens, Blanqui, Pyat et tous les factieux qui se sont portés à l’Hôtel de Ville. En arrivant au poste des Affaires étrangères, notre compagnie en trouve les portes fermées. Nous apprenons que les membres du gouvernement de la Défense nationale y sont réunis pour délibérer. Leurs voitures sont dans la cour. M. de Bonnechose vient, de la part de notre commandant, M. de Narcillac, me demander de tâcher de lui faire donner des ordres pour occuper le ministère des Affaires étrangères, avec son bataillon, car, dit-il, avec beaucoup de raison, il ne peut répondre de la sûreté des membres du gouvernement avec dix-huit hommes qui sont de garde au poste.