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Page:Revue des Deux Mondes - 1905 - tome 26.djvu/717

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du Concordat, puis celle des longs démêlés de Napoléon avec le Pape. Il veut bien reconnaître, tant il est impartial, que Napoléon était « un prince trop remuant ; » seulement, cet aveu fait, il s’empresse d’ajouter que le Pape « opposait tout son mauvais vouloir à la cause de l’expédition des affaires religieuses de la France. » Nous n’en croyons rien ; mais quand même cela serait vrai, qu’en faudrait-il conclure ? Napoléon Ier et Pie VII sont morts depuis longtemps. Il ne reste rien de leurs querelles ; il ne reste quelque chose que de leur accord, à savoir le Concordat, et si le Concordat a duré plus d’un siècle, laps de temps au cours duquel on a vu en France se succéder tant de constitutions éphémères, c’est évidemment que le principe de vie qui était en lui s’adaptait à nos besoins et à nos mœurs.

On a dit, et naturellement M. Briand répète que Bonaparte a fait le Concordat pour servir son ambition personnelle. Sans doute : l’ambition personnelle de Bonaparte ou de Napoléon est un élément essentiel de toutes ses grandes déterminations. Mais à l’époque du Consulat, dans son désir de se faire accepter et adopter par la France, il a employé le plus souvent sa rare intelligence à mettre son intérêt particulier en harmonie avec le bien général. La popularité qu’il recherchait et qu’il a obtenue alors avec un élan presque général, les témoignages contemporains en font foi, est venue précisément de ce qu’il avait bien résolu ce problème, et, de toutes ses œuvres de cette date, le Concordat a été peut-être la mieux réussie. Elle avait d’ailleurs le même caractère que les autres. Le premier Consul a beaucoup moins créé et inventé qu’il n’a trié, choisi et restauré, parmi les institutions de l’ancienne France, celles qui pouvaient encore convenir à la France nouvelle. Qu’a-t-il fait, en somme, dans le Concordat ? Il a revendiqué et obtenu pour la France de la Révolution et pour son gouvernement les droits qui avaient appartenu au gouvernement d’avant la Révolution. Il y a peu de différences, en somme, entre son Concordat et celui de François Ier, qui avait déjà duré près de trois siècles : et si quelque chose peut nous surprendre aujourd’hui, c’est de voir nos jacobins, si avides de s’arroger tous les droits et tous les pouvoirs des gouvernemens antérieurs, depuis Charlemagne jusqu’à Napoléon, abandonner de gaîté de cœur ceux que personne ne leur conteste et dont un contrat solennel leur a confirmé la possession.

Tout le Concordat, en ce qui concerne l’État, est compris dans l’article qui, reconnaissant au nouveau gouvernement les mêmes droits et les mêmes prérogatives qu’à l’ancien, lui attribue la