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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.



31 mars.


Le budget une fois voté, la Chambre a pris quelques jours de repos ; puis elle a entamé la discussion de la séparation de l’Église et de l’État. La discussion générale, qui se poursuit en ce moment, permet à toutes les opinions de se produire et à tous les partis de prendre position ; elle permettra aussi à la Chambre et au pays devoir un peu plus clair dans une question qu’ils ne connaissent pas encore très bien, quoiqu’ils en aient beaucoup entendu parler ; mais les solutions seront remises à plus tard, c’est-à-dire au moment où on en viendra à la discussion des articles. Le passage à la discussion des articles est inévitable : il sera certainement voté. Les propositions qui ont été faites par M. Georges Berry et par M. l’abbé Gayraud de tout ajourner jusqu’après les élections prochaines n’avaient aucune chance d’être adoptées. Il aurait sans doute été convenable et désirable que le pays pût se prononcer le premier sur une réforme aussi profonde. La Chambre actuelle n’a nullement reçu de lui le mandat de séparer l’Église et l’État : la question n’a pas été posée aux élections dernières, et, si elle l’avait été, elle aurait été résolue négativement. On n’a pas oublié que M. Combes lui-même, lorsqu’il a formé son ministère, était opposé à la séparation. Mais, depuis lors, les hommes ont changé à défaut des choses ; l’opinion a été violemment agitée dans les sens les plus divers ; et, quelles que soient les pensées secrètes de chacun, personne ne veut avoir l’air de se dérober au débat.

Le long rapport de M. Briand n’a pas tenu tout en que d’avance on en avait dit. M. Briand s’est proposé de construire un grand monument ; mais c’est à peine s’il en a élevé la façade. Il a exposé