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Page:Revue des Deux Mondes - 1905 - tome 26.djvu/710

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Le bicarbonate se dissocie et pare au déficit. La proportion tend-elle à augmenter ? La pression s’accroît, le gaz se dissout dans l’eau et, réagissant sur le carbonate neutre déposé au fond de la mer, forme à ses dépens une quantité nouvelle de bicarbonate de chaux.

Quant aux causes d’accumulation de l’acide carbonique dans l’atmosphère, on peut citer en premier lieu la respiration des animaux et des plantes, puis la décomposition des matières organiques à la surface ou dans le sol, la combustion de la houille, et, enfin, les dégagemens volcaniques par les cratères ou par les fissures, dégagemens qui sont dus à l’action de l’acide silicique agissant à chaud sur les carbonates des couches profondes de l’écorce.

Parmi les causes principales de disparition, il faut signaler en première ligne la végétation et la culture. Cette seule cause suffirait en peu de temps à épuiser l’atmosphère, si, d’autre part, les sources précédemment indiquées ne venaient la ravitailler. Liebig a calculé ce qu’enlevait de gaz carbonique à l’atmosphère un hectare de terre en pleine végétation. Hoppe-Seyler, cité par Lambling, a conclu de supputations de ce genre que tout l’acide carbonique de l’atmosphère, source principale de la vie végétale, serait consommé par la végétation dans un espace de cent vingt-neuf ans. Une autre cause d’ordre géologique, et encore plus active, intervient dans le même sens. L’eau de mer chargée d’acide carbonique agit sur les roches qui forment le fond : les silicates sont décomposés sous cette influence ; la silice est mise en liberté ; elle se fixe ou reste fixée sur l’alumine pour former des argiles. Quant à l’acide carbonique, il s’empare des bases libérées ; et d’abord, de la chaux et de la magnésie avec lesquelles il forme des carbonates insolubles. Il s’empare également de la potasse et de la soude, abandonnées par la silice, et il constitue avec elles des carbonates solubles, mais bientôt à leur tour transformés en carbonates insolubles, au contact des chlorures alcalino-terreux de l’eau de mer. En résumé, le gaz carbonique soutiré par les eaux à l’atmosphère est ainsi progressivement immobilisé au fond des mers et soustrait à la vie.

M. Lambling est porté à conclure à la supériorité des causes de disparition et par conséquent à l’appauvrissement graduel de l’atmosphère en acide carbonique. Il semble que cette diminution ne soit pas contestable, si l’on prend son point de