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décomposer l’acide carbonique sous l’influence de la radiation solaire. C’est ce que l’on nomme la fonction chlorophyllienne des plantes. Il s’agit ici d’un phénomène vital. La matière verte des plantes, la chlorophylle, lorsqu’elle est liée au protoplasma vivant et seulement alors, de manière à former le petit organisme nommé leucite chlorophyllien, sait utiliser les radiations solaires de manière à exécuter à la température ordinaire la décomposition de l’acide carbonique. La granulation chlorophyllienne vivante accomplit ainsi une puissante réduction que le chimiste ne peut réaliser dans le laboratoire qu’à de hautes températures et par les moyens les plus énergiques.

On sait que ce phénomène dont on n’avait vu d’abord que le commencement, — absorption d’acide carbonique par la plante, — et la fin, — dégagement d’oxygène — s’accompagne d’une mystérieuse synthèse par laquelle précisément s’accroît la substance végétale. Il se forme de l’amidon, qui apparaît en grains dans les cellules vertes, au contact des leucites chlorophylliens. Cette corrélation entre l’apparition de l’amidon et la réduction de l’anhydride carbonique est un fait fondamental, dans l’histoire de la formation de la matière végétale. On en doit la révélation au botaniste allemand Hugo von Mohl.

C’est cet aspect du phénomène chlorophyllien qui l’impose immédiatement à l’attention des physiologistes et des chimistes. La synthèse végétale, la formation d’amidon, est, en quelque sorte, le centre du processus dont l’absorption d’acide carbonique est le commencement et dont le dégagement d’oxygène est la fin ; elle devient le fait capital : elle passe au premier plan.

Tout y est énigmatique et frappant. Et d’abord la soudaineté du phénomène qui nous en dérobe les phases successives. Le botaniste Sachs cite des observateurs qui auraient vu, au microscope, l’amidon se montrer distinctement dans la cellule végétale au bout de cinq minutes d’insolation directe.


III

La formation de l’amidon, cet important phénomène de synthèse végétale, qui est la source principale de l’accroissement des plantes, a obligé les chimistes de notre temps à envisager d’une autre façon que n’avaient fait Priestley, Ingenhousz et Sénebier l’échange gazeux chlorophyllien. On n’interprète plus les