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le programme de 1811, l’Empereur devait habiter le premier étage de la partie bâtie par Louis XIII, — il eût été plus exact de dire « par Louis XIV, » la plupart des aménagemens intérieurs de cette partie remontant seulement à Louis XIV et à Louis XV. L’Impératrice devait occuper le rez-de-chaussée au-dessous de l’Empereur, et les enfans de France, comme au temps de l’ancienne monarchie, l’autre partie du rez-de-chaussée. Les appartemens de réception étaient maintenus au premier étage, la partie du Nord formant, avec la galerie des Glaces, les grands appartemens de l’Empereur, qui y remplaçait le Roi, et la partie du Midi devant être attribuée à l’Impératrice, qui y succédait à la Reine. Les ailes du Midi et du Nord, toujours comme avant la Révolution, seraient réservées aux princes et les logemens des grands officiers et des divers services installés dans les bâtimens attenans. Napoléon se prononçait pour la démolition de l’aile Gabriel bâtie sous Louis XV et pour l’érection d’un arc de triomphe « qui annoncerait avec magnificence l’entrée du palais, » enfin pour la construction, le long des ailes des ministres, « de colonnades reliées par une colonnade transversale. » Louis XVI, en 1780, avait déjà pensé à faire exécuter un projet à peu près analogue.

Trois ans ne s’étaient pas écoulés depuis l’élaboration de ce programme et l’on pouvait encore se rappeler, comme datant de la veille, la pompe déployée, pour fêter la naissance du Roi de Rome et assister à son baptême, par la municipalité de Versailles toute fière d’avoir été comprise au nombre des bonnes villes de l’Empire, lorsque l’invasion de 1814 mit fin à tous ces rêves. Alors, tout aussitôt après l’entrée des alliés à Paris, on vit dans le palais de Louis XIV, y rendant les visites que Berlin et Moscou avaient reçues de Napoléon, le tsar Alexandre Ier, le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III, deux frères de l’empereur de Russie et deux des fils du roi de Prusse : l’un de ces derniers devait, cinquante-six ans plus tard, revenir dans ce palais pour y être proclamé empereur d’Allemagne : c’était le futur Guillaume Ier.


III

La Restauration, et de sa part cette pensée était naturelle, projeta, elle aussi, de restituer Versailles à sa destination