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compter. Le Céleste Empire est assuré d’avoir bientôt 7 000 kilomètres de chemins de fer en exploitation, dont 4 500 seulement pour la Chine propre et le reste en Manchourie.

Quant aux autres grandes lignes figurant au tableau que nous avons dressé, elles risquent d’attendre plus longtemps : il n’a été conclu aucun contrat définitif pour la ligne de Tien-tsin à Tching-Kiang qui doit unir, par les soins des Anglais et des Allemands, les bouches du Peï-ho à celles du Yang-tze, ni pour les deux lignes aboutissant à Singan-fou. Le Canton-Han-Kéou qui doit, avec le Pékin-Han-Kéou, constituer le grand Central chinois, a bien été formellement concédé, mais des difficultés de toute sorte ont été soulevées par les Célestes, depuis que les Américains ont cédé leur part de la ligne à un syndicat belge. Enfin, la ligne anglaise de Birmanie au Yunnan et les lignes françaises de l’extrême Sud, de Langson à Nanning et de Kouang-tchéou-Ouan à Kao-tchéou n’ont guère été l’objet que de promesses en l’air. Elles traversent du reste des pays pauvres et accidentés, seraient d’une exécution coûteuse, et ne sauraient avoir grande importance économique.

Quels ont été les résultats obtenus par les chemins de fer chinois ? Il serait particulièrement intéressant de les connaître ; mais il est malheureusement difficile de se procurer des renseignemens à ce sujet, les lignes ne publiant pas régulièrement leurs recettes. Celles des portions ouvertes à l’exploitation du chemin de fer de Pékin à Han-Kéou l’ont été à certains momens ; elles atteignaient une douzaine de mille francs par kilomètre, pour la section de Pékin à Pao-ting-fou, qui traverse une portion riche et peuplée de la province du Tchi-Li ; elles étaient donc satisfaisantes pour un début et pour un tronçon de 150 kilomètres seulement qui ne pouvait avoir qu’un trafic local. Un correspondant du North China Herald, de Shanghaï, le plus grand journal européen d’Extrême-Orient, qui a voyagé l’année dernière de Pékin à Han-Kéou par le chemin de fer, et la route de terre dans l’intervalle des deux sections ouvertes, raconte que les trains étaient bondés de voyageurs et que tout faisait prévoir une exploitation fructueuse. Le dernier rapport du consul général de France à Shanghaï mentionne que l’ouverture du chemin de fer de Han-Kéou vers le Nord a provoqué une augmentation énorme et subite de l’exportation des sésames, qui sont produits en abondance en cette région. « On vit là, dit-il, un exemple de