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La conjuration de Catilina


II. LE CONSULAT DE CICÉRON [1]


I

Le consulat était le rêve de tous les Romains qui entraient dans la vie politique, quand ils avaient de l’ambition et se croyaient du talent. Rien ne les empêchait d’y prétendre. En droit, tous les citoyens, à Rome, étaient éligibles et électeurs ; on n’exigeait d’eux aucune condition de naissance ou de fortune : Terentius Varro, le vaincu de Cannes, sortait d’une boutique de boucher ; le père de M. Æmilius Scaurus était marchand de charbon. Il est vrai qu’en réalité tout semblait disposé pour rendre les abords du consulat difficiles. Dans cette longue route des fonctions publiques que les candidats, avant d’y arriver, étaient forcés de suivre, à mesure qu’ils avançaient, le chemin devenait plus étroit. Les questeurs étaient au nombre de vingt ; il n’y avait plus que huit préteurs, qui devaient se disputer deux places de consuls. Les vaincus étaient réduits à recommencer le combat les années suivantes, dans des conditions souvent plus fâcheuses, contre des concurrent nouveaux, dont le nombre

  1. Voyez la Revue du 15 mars.