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Page:Revue des Deux Mondes - 1905 - tome 26.djvu/351

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après leur mort, l’esprit des plus grands personnages ; car ils ne tiennent plus que propos de démens et de gâteux. Allan Kardec, qui ne doute de rien, évêque tour à tour des âmes qui habitent des séjours différens et les interroge sur le ciel, l’enfer et le purgatoire… Mais qu’on lise la déposition de M. Samson ou de M. Jobard, de ce pauvre Auguste Michel ou du prince Ouran, et l’on verra que ces braves esprits ne sont pas mieux informés que nous et qu’ils auraient grand besoin de lire eux-mêmes les descriptions de l’enfer et du paradis, données par les poètes, pour savoir un peu de quoi il s’agit… Ce serait vraiment à renoncer à la vie future, s’il fallait la passer avec des individus de ce genre. »

N’étudiant pas, dans cet article, le spiritisme et sa valeur, je ne retiens de ces constatations très exactes qu’une chose : ce sont les limites de l’imagination polygonale, même quand elle est portée à son summum, comme chez les médiums.

Pour créer véritablement, en art ou en littérature, ou en science, l’homme n’a pas trop de son entier psychisme : le psychisme polygonal est un puissant collaborateur de O, mais c’est toujours un psychisme inférieur.

Il y a une dernière question, dont l’exposé complet nécessiterait tout un article, mais que je dois indiquer en terminant : c’est le rôle respectif des deux psychismes dans le problème de la responsabilité individuelle.

Je ferai remarquer d’abord que je ne prétends m’occuper ici que de la responsabilité physiologique et médicale, bien distincte de la responsabilité morale. Quelle que soit l’opinion philosophique et religieuse d’un expert, quelle que soit sa manière de voir sur le libre arbitre, le principe de l’obligation, du mérite et du démérite, il a l’exclusif devoir de déterminer si l’outil matériel de l’accusé est sain ou malade, si son système nerveux est dans un état suffisant d’intégrité pour qu’il puisse être déclaré médicalement responsable. Le médecin doit tellement se cantonner dans ce rôle exclusif qu’il peut déclarer médicalement responsable un sujet que, juré, il ne déclarerait pas coupable.

On peut donc dire, sans se faire anathématiser ou brûler, que la responsabilité physiologique ou médicale est fonction des centres nerveux, des centres psychiques. Dès lors, la question se