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II

Voilà l’existence du psychisme inférieur démontrée. Il faut l’analyser maintenant dans son fonctionnement ; cela montrera l’importance de cette fonction.

Les centres psychiques inférieurs sont, comme les supérieurs, susceptibles de recevoir des impressions (sensations et images), ils ont de la mémoire, ils associent les images et les idées, comparent, jugent, imaginent même, interviennent dans la production littéraire et artistique, veulent et agissent…, tous ces actes ayant seulement ce caractère propre, qui les distingue, d’être involontaires, automatiques, inconsciens, et de ne pas entraîner de responsabilité chez le sujet.

Voilà les divers points qu’il faut mettre en lumière pour donner une idée suffisante du psychisme inférieur.

Quand, par un de nos sens, une impression, visuelle, auditive ou autre, arrive jusqu’aux centres psychiques supérieurs, elle y produit ce que l’on appelle une sensation. Si cette impression n’arrive qu’au polygone, elle n’éveille pas de phénomène de conscience, elle n’est pas perçue par le sujet. Elle est cependant recueillie et utilisée par les élémens nerveux des centres psychiques inférieurs.

On démontre la chose en analysant les mouvemens qui sont la conséquence de l’arrivée de cette impression dans le psychisme inférieur.

Le somnambule ne voit pas les personnes qu’il rencontre, les précipices qu’il côtoie. Même quand ils sont ouverts, ses yeux sont, comme dit Shakspeare, fermés à toute impression. Et cependant il longe très adroitement une corniche étroite, descend un escalier, ouvre et ferme une porte. Les impressions visuelles n’atteignent pas le centre O, puisqu’il n’en a pas conscience ; mais elles atteignent les centres psychiques inférieurs dans lesquels s’élaborent les actes compliqués de la marche, de la parole, de l’équilibre…

Le militaire, dont j’ai parlé, après avoir fait l’exercice, faisait son paquetage avec beaucoup de soin ; puis il faisait le ménage de la salle, astiquant tout, manœuvrant à travers les verres et les bouteilles sans les casser… Son polygone recevait donc