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Page:Revue des Deux Mondes - 1905 - tome 26.djvu/246

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La session a donc bien commencé pour M. Balfour, et il peut commencer la discussion de son programme. Après ce premier succès, il en a remporté bientôt un autre sur les Irlandais. Et pourtant, on ne croit généralement pas que les élections puissent être beaucoup différées. Le ministère qui avait au début de la législature la majorité la plus forte qu’on ait vue dans l’histoire de l’Angleterre, n’en a plus aujourd’hui, puisque celle dont il semble disposer, mais qui en réalité dispose de lui, se compose des unionistes libre-échangistes et des amis de M. Chamberlain, majorité accidentelle, majorité de coalition, où entrent des élémens destinés à en sortir lorsque la question fiscale devra être résolue. Qui aurait pu croire, après les élections dernières, qu’au bout de cinq années le parti conservateur en serait là ?

Nous ne dirons qu’un mot de l’affaire de Hull. La Commission d’enquête a dû tenir compte, non seulement de la matérialité des faits, sur laquelle il était d’ailleurs difficile de se mettre absolument d’accord en présence d’affirmations contraires, mais encore des circonstances dans lesquelles ils se sont produits. Ces circonstances étaient telles que si la flotte russe a commis une erreur, elle était excusable. La majorité de la Commission a cru que l’amiral russe s’était trompé sur la présence de torpilleurs à Hull ; mais elle a tenu à dire que cela ne jetait « aucune déconsidération sur la valeur militaire, ni sur les sentimens d’humanité de l’amiral Rodjestvensky et du personnel de son escadre. » Ce jugement sera celui de l’opinion désintéressée. Une affaire que la moindre imprudence aurait pu rendre dangereuse pour la paix du monde a été réglée dans un véritable esprit de conciliation. Il faut espérer qu’il n’en restera aucune trace dans les rapports de l’Angleterre et de la Russie.


FRANCIS CHARMES.

Le Directeur-Gérant, F. BRUNETIERE.