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Page:Revue des Deux Mondes - 1905 - tome 26.djvu/225

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parler plus simplement, ce nouveau dispositif permet d’apercevoir des objets mille fois plus petits que le millième de millimètre ; il recule la limite du monde visible au micron de micron, c’est-à-dire au millième de millième de millimètre, ou, autrement dit, au millionième de millimètre. Imaginons une sorte de haie formée par un million d’objets alignés sur un seul rang, si petits pourtant qu’ils ne couvrent qu’une longueur de un millimètre, l’hypermicroscope permettra d’apercevoir chacun d’eux individuellement. Les physiciens allemands Siedentopf et Zsigmondy qui ont imaginé, en 1903, ce dispositif nouveau sont parvenus à rendre visibles des granules dont le diamètre ne dépassait pas 5 à 10 millionièmes de millimètre. Plus récemment l’appareil a été très simplifié par deux jeunes savans, nos compatriotes, MM. A. Cotton et H. Mouton.

L’hypermicroscope ainsi modifié se réduit essentiellement à un microscope ordinaire avec objectif à immersion homogène. Il s’y ajoute seulement un bloc de verre convenablement taillé qui supporte l’objet à examiner et qui en permet l’éclairage latéral. Ce qu’une disposition si simple ajoute de puissance à l’instrument, peut se concevoir assez facilement. L’explication en est parfaitement accessible. Elle fera l’objet d’une revue prochaine. D’autre part les résultats obtenus avec cet instrument ont des conséquences importantes, pour la biologie, pour la physique et pour la chimie. Le problème de la visibilité des objets ultra-microscopiques forme une introduction naturelle à l’élude des solutions colloïdales, c’est-à-dire à un chapitre tout à fait nouveau de la physicochimie qui se développe chaque jour sous nos yeux. En outre de cet intérêt, en quelque sorte indirect, l’examen hypermicroscopique est d’une importance considérable pour la bactériologie, pour la pétrographie et pour l’ensemble des sciences anatomiques. Cet intérêt justifiera les détails dans lesquels nous devons entrer à cet égard.


I

Ni l’anatomie, ni la bactériologie, ni la minéralogie, ni la chimie physique ne peuvent se contenter des renseignemens que fournit le microscope ordinaire, même le plus perfectionné. Au-delà des détails que le meilleur appareil permet d’apercevoir, l’observateur en soupçonne d’autres qui échappent à la pénétration de l’instrument.

L’anatomie microscopique, par exemple, ne s’arrête pas aux particularités de structure que la puissance de l’instrument ne permet