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Revue scientifique – Au-delà du microscope


La découverte du microscope et ses perfectionnemens successifs ont rendu aux sciences naturelles d’inestimables services. Depuis deux siècles et demi cet appareil optique est le principal instrument de travail des naturalistes. La vue simple n’a qu’une puissance très limitée : sa pénétration s’arrête entre le dixième et le vingtième de millimètre. Tout objet dont les dimensions sont au-dessous de cette limite est non avenu pour notre œil : à partir de ce point tout détail de composition lui échappe.

Le microscope a plus que centuplé le pouvoir de la vision ; au sens exact du mot il faudrait dire qu’il l’a milluplé, c’est-à-dire multiplié par mille. Au lieu d’une fraction de millimètre, c’est à une fraction de millième de millimètre qu’il a reporté les bornes du monde visible. Tout ce qui est de l’ordre du millième de millimètre, — du micron, comme on dit en physique, — est de son ressort. Tout ce qui mesure quelques microns, ou seulement un demi-micron, un cinquième, un quart et même un tiers de micron, lui appartient. Or, il se trouve que le millième de millimètre est l’étalon absolu de mesure de la nature vivante et d’une partie de la nature morte. Du moins on le croyait et quelques naturalistes le croient encore.

Il existe au sein des eaux douces et salées ou dans les liquides organiques tout un monde d’animaux et de plantes que l’on dit « microscopiques » parce qu’en effet c’est le microscope qui nous en a révélé l’existence et qui nous a permis de les apercevoir et de les étudier. Il faut entendre que leurs dimensions s’évaluent en millièmes de millimètre, comme, dans la vie courante, le métrage des étoffes se fait en mètres et l’estimation des distances en kilomètres. D’autre