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Page:Revue des Deux Mondes - 1901 - tome 3.djvu/842

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REVUE DES DEUX MONDES.

nous avions fait, la nuit dernière, une attaque sauvage contre leurs troupes. Il ajoute que, si de pareils faits se reproduisent, les Chinois se verront obligés de nous attaquer également, et qu’il peut en résulter les désordres les plus graves.

La vérité est qu’une barricade chinoise s’étant écroulée un peu au nord du Fou, les soldats de Tong-Fou-Siang, brusquement réveillés, ont cru à une attaque ou à une explosion, et se sont mis à décharger leurs armes au hasard dans la direction d’où était parti le bruit. Cet incident a été le signal d’une fusillade générale.

7 août. — Coups de feu dans toutes les directions. — Coups de canon très éloignés.

Le Tsung-Li-Yamen annonce à sir Claude Macdonald la mort du duc d’Édimbourg.

Vers minuit la fusillade devient très vive. Plusieurs obus sont lancés sur l’Allemagne et sur nous. Au même instant, nous entendons des feux de salve dans la ville chinoise : Ceci est par trop fort ! Nos troupes seraient-elles déjà de l’autre côté de la muraille ? — Non, c’est impossible. — Mais alors, par qui et sur qui ces salves ? — Un mystère de plus à ajouter à tant d’autres. Nous finissons par croire que ce sont les réguliers qui chassent de Pékin les Boxeurs, dans lesquels ils n’ont trouvé que de lâches pillards.

8 août. — Les attaques continuent sans ordre, sans suite, sans persévérance. — Plus que jamais nous tenons nos hommes abrités ; comme nous serions heureux de pouvoir ramener à bord du d’Entrecasteaux et du Descartes, ceux qui ont eu la chance d’échapper jusqu’à aujourd’hui aux balles ennemies ! Les renforts, nous ne pouvons en douter maintenant, sont en route ; ce qu’il faut donc, c’est gagner du temps, et cela, à tout prix.

Un coolie nous rapporte qu’autour de nous, le nombre de nos ennemis a diminué.

Le Tsung-Li-Yamen annonce aux ministres que Li-Hung-Tchang a reçu pleins pouvoirs pour négocier avec les cabinets étrangers. Sir Claude Macdonald ayant demandé des explications au sujet de la fusillade de la nuit dernière, « Prince King et autres » répondent que ces coups de fusil ne sont pas plus dangereux que les sons de cloches ou de trompettes, et que tout cela mérite à peine un sourire (sic).