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Page:Revue des Deux Mondes - 1901 - tome 3.djvu/225

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LES FUMÉES ET LES GAZ DE L’ATMOSPHÈRE.

tique. Mais elle offre un intérêt scientifique autrement important, et presque de premier ordre. Des savans éminens se sont appliqués, depuis longtemps, à l’élucider. En 1827, le savant physicien Péclet analysait, pour la première fois, les gaz qui s’échappent des foyers d’appartement. Ebelmen, en 1844, se livra à une étude analogue à propos des fours industriels et des hauts fourneaux. De 1870 à 1875, Scheurer-Kestner et Meunier examinèrent le même problème à propos des foyers de machines à vapeur. En Angleterre, Percy Frankland et A. Smith se sont particulièrement préoccupés du problème de la fumivorité. Mais surtout, en 1882, Austen Roberts, le savant professeur de l’École royale des Mines, reprenant les expériences de Péclet, avec des développemens considérables et un soin parfait, fit une comparaison systématique des produits de combustion engendrés par le chauffage domestique, suivant l’espèce du foyer, grille, ou poêle, et la nature du combustible, houille, coke ou anthracite. C’est un mémoire fondamental. Il faudrait encore citer les recherches de Schwachhœfer, en Allemagne, et, en France, celles de M. Moissan, qui, en 1894, a examiné comparativement les gaz de la combustion du bois et ceux des poêles mobiles à anthracite. Enfin M. A. Gautier, le savant chimiste de la Faculté de médecine, désigné en 1890, par le Conseil d’Hygiène pour fixer les données scientifiques du problème de la viciation de l’atmosphère, a consacré sept années à mener à bien ce long et difficile travail. Il a publié cette année même une étude magistrale[1], pleine de vues ingénieuses et de résultats nouveaux de la plus haute valeur. Nous y puiserons très largement.

III

M. A. Gautier s’est proposé de déterminer l’influence exercée par les produits de combustion sur la composition de l’atmosphère parisienne et de savoir dans quelle mesure ces produits pouvaient la rendre différente de l’atmosphère pure et normale.

Il faut donc, avant toute chose, être fixé sur la composition de l’air normal. Il semble, à première vue, que rien ne soit mieux connu.

  1. Les Fumées de Paris. (Revue d’Hygiène, février 1901). — Compte rendu des Séances du Conseil d’Hygiène publique (1er février 1901). — Les Gaz combustibles de l’air (Annales de Physique et de Chimie, janvier 1901).