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LA PETITE DERNIÈRE

DEUXIÈME PARTIE (1)

A Morgat, le courrier n’arrive qu’une fois par jour, un peu avant le dîner, et il est attendu avec une légitime impatience par les pensionnaires de l’hôtel, pour lesquels la distribution des lettres constitue, après le bain, l’une des notables distractions de la journée. Le jeudi qui suivit la représentation de la Reine Dahut, la famille Pontal, au grand complet, était groupée, entre six et sept heures du soir, autour d’une des tables de la terrasse, lorsque Salbris et Rivoalen, qui fumaient accoudés au parapet, signalèrent l’apparition du piéton chargé du service postal entre Crozon et Morgat. L’homme à la blouse bleue et au képi liséré de rouge débouchait en effet du tournant de la route bordée de saules, et se dirigeait vers le bureau de l’hôtel, où le gérant procédait au tri des journaux et des dépêches.

— Évariste, enjoignit M me Pontal à son mari, allez, s’il vous plaît, chercher mon courrier...

Le professeur se précipita dans le vestibule et reparut peu après avec un paquet d’imprimés et de lettres dont sa femme s’empara délibérément. Parmi cette volumineuse correspondance figurait une large enveloppe carrée, portant à l’un des coins cette indication imprimée : « Société des Conférences de Brest. » (1) Voyez la Revue du 15 février.