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Page:Revue des Deux Mondes - 1900 - tome 158.djvu/73

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au sujet des travaux en cours ; il s’agit d’une commande de munitions pour l’artillerie anglaise. En raison de la situation quasi officielle de la maison Krupp, cette révélation provoque de violentes critiques. » Le gouvernement de l’Empire repoussa cette imputation et fît publier la note suivante dans l’officieuse Gazette de l’Allemagne du Nord : « On a plusieurs fois annoncé que la maison Krupp exécutait une grande commande d’obus en acier pour l’Angleterre, et l’on s’est demandé si cette livraison de matériel de guerre à l’un des belligérans était compatible avec les devoirs créés par la stricte neutralité que l’Empire allemand observe dans la guerre sud-africaine. Cette question est résolue négativement dans les sphères compétentes, et la maison Krupp a été priée, aussitôt après la publication des informations ci-dessus mentionnées, de ne pas opérer les envois d’armes, de canons, de munitions qu’elle pouvait avoir l’intention de faire à l’une des parties belligérantes. » Cette mesure fut désagréable au gouvernement britannique ; mais, comme il s’était plaint de ce que la flotte commerciale allemande transportât beaucoup de volontaires destinés à l’armée des deux républiques, une compensation lui fut donnée : les compagnies maritimes de Hambourg ne donnèrent plus de billets pour Johannesburg ou Pretoria, et refusèrent d’accepter des passagers de troisième classe pour Delagoa-Bay (19 janvier).

L’Echo de Paris crût un moment, dans la seconde quinzaine d’octobre, « tenir de source certaine qu’une commande de canons des plus importantes ayant été faite pour le compte du Transvaal à la maison Canet, la compagnie des Chargeurs réunis, qui devait faire le transport par le territoire de Mozambique avait, reçu de M. Delcassé l’interdiction formelle de satisfaire à ses engagemens. » L’agence Havas publia sans délai la note suivante : « Contrairement à ce qu’affirme un journal du matin, il est inexact que la compagnie des Chargeurs réunis ou n’importe quelle autre compagnie de navigation ait reçu du ministère des Affaires étrangères aucune interdiction d’aucune sorte. » C’était très clair. Le gouvernement français ne sortait pas du droit commun en laissant à l’industrie privée sa liberté d’action.

Les démarches faites par le gouvernement de Sa Majesté britannique pour recruter, sur une grande échelle, dans plusieurs pays, des soldats à destination du Transvaal soulevaient une question bien plus délicate. On pouvait se demander si le