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Page:Revue des Deux Mondes - 1900 - tome 158.djvu/55

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rien n’est exagéré, la convention de Genève aurait été violée de la façon la plus manifeste.

Toutefois sir Redvers Buller s’émut, un peu plus tard, d’un autre récit publié dans les Standard and Digger’s News par le Révérend Martens, qui avait suivi, dans le camp boer, les péripéties d’un autre combat : si les obus anglais avaient tiré sur une ambulance, c’était par erreur. Les ambulances doivent être placées, d’après l’usage, à trois milles du champ de bataille, et c’est pourquoi les Anglais n’avaient pas enfreint, dans cette autre circonstance, les usages de la guerre. « Mais je ne crois pas, ajoutait le général, que les Anglais eussent tiré sur l’ambulance, s’ils avaient su qu’elle était là. » Nous ne le croyons pas non plus ; mais il faudrait donner aux officiers et aux sous-officiers des instructions plus précises. Une correspondance adressée de Pretoria au Petit Bleu de Bruxelles et publiée le 24 janvier dénonce que les Anglais déclarèrent prisonniers de guerre après la bataille de Modder-River des médecins et des infirmiers transvaaliens, puis les dirigèrent sur le Cap dans des wagons à bestiaux ; au Cap, on les relâcha [1], et l’on fit bien. Mais le moment est venu de ne pas retomber incessamment dans la même méprise.

D’un autre côté, les Boers ont reproché vivement aux Anglais d’avoir abusivement employé les signes distinctifs de la convention de Genève. Cette même protestation du général Joubert accusait : 1° les fuyards de Dundee de s’être dérobés aux poursuites sous le drapeau de la Croix rouge pour rejoindre les troupes anglaises et combattre de nouveau les troupes orangistes ; 2° un train cuirassé d’être parti sous le même drapeau pour réparer à son aise un pont détruit. Dès le mois d’octobre 1899, le général Kronje signalait 1« nombre excessif des bâtimens sur lesquels on avait arboré, dans la ville assiégée de Mafeking, les drapeaux de la Croix rouge.

Le colonel Baden Powell répondit le 31 octobre : « Il n’y a de drapeau portant la croix rouge sur fond blanc que sur le couvent, l’hôpital et le camp des femmes. » Kronje réitéra sa plainte à la fin du mois suivant : on reprochait encore une fois aux assiégés d’avoir hissé le signe distinctif de la convention de Genève sur la partie de la ville de Mafeking où se trouvaient les munitions et l’artillerie. On ne céda ni d’un côté ni -de l’autre. Le général

  1. Toutefois, dit la correspondance, sans leur restituer leurs voitures et leurs ambulances.