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avait été faite dans le voisinage même de Belgentier, au collège de Saint-Maximin, au milieu de cette contrée à la fois sauvage et gracieuse où s’était écoulée son enfance.

Dès sa jeunesse, Peiresc manifesta un goût marqué pour l’archéologie, et Gassendi, son biographe, raconte que cette passion s’était déclarée chez lui à l’âge de quinze ans, à la suite du don qui lui avait été fait d’une médaille d’or trouvée à Belgentier et dont il avait su déterminer lui-même la date et l’origine. Après avoir reçu à Avignon une instruction solide, Claude, que son père destinait à la magistrature, était parti, en 1599, pour aller, suivant la mode de cette époque, se perfectionner en Italie dans l’étude du droit. A Padoue, l’université alors la plus en vue, il avait fait l’étonnement des professeurs par l’étendue et la précocité de son savoir. Sans cesser de se livrer à cette étude, il prélevait sur ses heures de loisir le temps nécessaire pour s’occuper de recherches historiques et pour suivre également des cours de botanique et d’astronomie. Les séjours qu’il fit successivement ensuite dans les principales villes de l’Italie lui avaient permis de nouer des relations avec les professeurs et les hommes les plus distingués qui s’y trouvaient. A Rome, il avait surtout frayé avec des antiquaires, et, comprenant déjà tout le parti qu’on pouvait tirer de l’étude des monumens figurés pour la connaissance du passé, il commençait dès lors à réunir le premier noyau d’une collection d’objets antiques de toute sorte. Comme il se trouvait à Florence à l’époque des fêtes du mariage de Marie de Médicis (octobre 1600), il avait obtenu d’être admis dans la suite de Sillery, l’ambassadeur de France. Dans cette ville, aussi bien qu’à Mantoue, où l’attiraient les collections des princes de Gonzague, il aurait pu rencontrer à ce moment Rubens, alors en Italie, mais qu’il ne devait connaître que plus de vingt ans après. A Venise, à Bologne, à Pise, à Naples, il continua avec une ardeur infatigable à voir tout ce qui pouvait l’intéresser, monumens, objets d’art ou curiosités naturelles.

Après deux ans et demi d’absence, Claude revenait en France par Milan, Genève et Lyon. Son instruction était plus que suffisante pour entrer dans la magistrature et y tenir sa place avec honneur. Mais son désir de pousser plus loin ses études était encore trop vif pour qu’il se résignât à vivre paisiblement à Aix. Montpellier l’attirait, et la présence dans cette ville du jurisconsulte Pacius lui offrait la possibilité de s’avancer encore dans la