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Page:Revue des Deux Mondes - 1900 - tome 158.djvu/278

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La mission Marchand et le cabinet Méline


Il eût été malséant, nuisible peut-être au pays, de parler de la mission Marchand à l’époque où elle faisait l’objet des polémiques les plus vives et de négociations diplomatiques infiniment délicates. Le silence est le premier devoir des serviteurs de la chose publique, tant qu’une parole échappée de leur bouche peut gêner les évolutions jugées nécessaires par les ministres responsables ; ils n’ont aucun mérite à taire la vérité, s’ils ont conscience que, par-là encore, ils peuvent être utiles aux intérêts permanens dont ils ont eu un instant le dépôt.

Il n’en va plus de même aujourd’hui : les polémiques sont apaisées, les négociations sont closes. En rétablissant certains faits travestis par les ardeurs des partis, on ne s’expose plus à rien compromettre d’essentiel. En contribuant à fixer certains événemens, qui appartiennent déjà au domaine de l’histoire, on ne risque point de tomber dans de vaines récriminations ni de stériles querelles. Sans doute, le gouvernement n’a pas encore permis aux héros de la mission Marchand de faire entendre, sous l’égide des grandes sociétés scientifiques, le récit public de leur épopée, mais les considérations de personnes ou de politique intérieure y ont peut-être plus de part que le souci des difficultés extérieures. Ces difficultés sont désormais réglées. Elles ne peuvent renaître d’une étude exclusivement destinée à dire quel a été le rôle du pouvoir central dans un événement qui a retenu