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Page:Revue des Deux Mondes - 1900 - tome 158.djvu/206

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Les grands sondages océaniques


Il y a deux ans, nous avons montré ici même [1] comment la plupart des nations maritimes, frappées des énormes avantages que la science et l’industrie étaient en mesure de retirer de la connaissance plus parfaite de la mer et des lois qui la régissent, s’étaient, depuis environ un demi-siècle, livrées avec ardeur à cette étude. D’Angleterre, d’Allemagne, des États-Unis, d’Autriche, de Norvège, de Suède, de Russie, de Hollande, de Belgique, de Portugal et même de Turquie sont partis, pour explorer les mers, voisines ou lointaines, des navires montés par des marins, qui d’ailleurs perfectionnent leur éducation professionnelle dans ces expéditions, et par de savans spécialistes, océanographes, physiciens, chimistes ou naturalistes. Les résultats rapportés sont attendus avec impatience ; il est rare qu’ils ne modifient pas, peu ou beaucoup, des idées déjà admises dans la science ou qu’ils ne conduisent pas à des applications pratiques immédiates. Parmi les plus récentes découvertes, on citerait la constatation si importante pour la géologie et la géographie générale, faite par Nansen à bord du Fram, de l’existence d’une mer profonde dans les régions polaires boréales. Tous ceux qui ont à s’occuper de la pratique de la mer, les navigateurs, les ingénieurs chargés de travaux le long des côtes, ceux qui posent des câbles télégraphiques sous-marins et enfin les pêcheurs, sont particulièrement intéressés au succès de ces campagnes. Les marines militaires allemande, norvégienne, suédoise et anglaise se sont mises d’accord pour exécuter simultanément, à intervalles réguliers, en y consacrant

  1. Voyez la Revue du 15 avril 1898.